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Comment l’architecture et la structure urbaine ont influencé les genres musicaux ?

Débat
La Rédaction , le 22 juin 2017
La musique est le reflet d’une époque. Comme une pièce de théâtre condensée, elle raconte une histoire. Comment les individus vivent leur société, gèrent leurs rapports humains ou imaginent leur avenir. L’ensemble de ces problématiques exprimées en musique se matérialisent dans l’espace : la ville.
Comme pour bien des thématiques aussi liées, nous ne saurons réellement “qui de nous 2, inspire l’autre”. L’architecture inspire-t-elle l’émergence de certaines formes musicales ou est-ce l’apparition de styles musicaux qui localement influe sur le paysage et la structure urbaine ?

Dans le cadre de la fête de la musique, nous avons choisi de revenir sur une étude sortie en février 2016, intitulée “Comment la structure des villes a influencé l’émergence de nouveaux styles musicaux”, que nous avions repris dans un article. A l’origine, l’enquête avait été réalisée par un journaliste du Washington Post, David Maraniss. Reprise par The Guardian, puis par Trax, l’étude avait fait parler d’elle. Retour sur un reportage urbainement musical.

L’analyse part d’un postulat unique : l’esthétique urbaine est source d’inspiration universelle pour les artistes. Cette avancée ne semble pas si difficile à démontrer. En effet, il semble naturel qu’un artiste soit inspiré par son environnement.

Pourtant, des facteurs structurels des formes urbaines et architecturales ont conditionné l’émergence des styles. Pour ce qui est du son du Motown, il arrive dans le Détroit des années 50. Pourquoi le piano est au cœur de ce style ? Le journaliste explique cela par des données architecturales et urbaines. En effet, le Motown a été inité par les classes moyennes de la banlieue de la Motor City. S’il observe que le prix du piano à cette époque favorise son acquisition, il note également que ces jeunes créateurs vivent dans des logements à au moins deux étages, disposant d’un grand salon. L’architecture de leurs logement permet d’accueillir des pianos et donc de constituer un style à partir de celui-ci.

Le grunge est ensuite évoqué. L’émergence de ce style a lui aussi été favorisé par la configuration urbaine et architecturale. Si le nord ouest américain ne disposait pas de garages chauffés, vides et isolés, ces artistes n’auraient certes pas laissé leur imagination se développer de la même ampleur.

C'est dans le dédale des HLM de la banlieue Est de Londres que le grime voit le jour début 2000. Avant de rencontrer le succès en 2004, le style est ignoré par l'industrie musicale car trop underground et pas assez vendeur. Celle-ci naît dans les cages d’escaliers insalubres de la capitale. Ces ensembles d’immeubles d’inspiration communistes favorisent la création et la diffusion de radios pirates, à l’origine de la transmission du genre musical. Un ensemble de facteurs que les journalistes du guardian expliquent et qui mérite de plus amples réflexions.

Que ce soit pour le R&B des community centers de New-York ou pour la techno des hangars désaffectés de Berlin, l’analyse est transposable. Celle-ci, si elle mérite d’être encore approfondie notamment avec l’intégration de facteurs socio-économiques plus forts, démontre une fois de plus l’influence de l’architecture et de notre milieu urbain sur nos comportements et modes d’expression. Événements politiques, modes de communication via les radios pirates par exemple, rencontre des cultures, survie économique de certains, la ville induit des mélanges savants dont elle est le meilleur théâtre. Une fois retranscrits, la cohabitation de ces paramètres nous offre de véritables œurvres d’art sonores !

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