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La circulation alternée a-t-elle un réel impact sur la baisse de la pollution en ville ?

Brève
La Rédaction , le 08 décembre 2016
Cette semaine la ville de Paris a du réagir à un pic de pollution reconnu comme étant le plus dense et le plus long depuis dix ans. Après plusieurs jours où le seuil d’alerte aux particules fines a été dépassé en Région Parisienne, la circulation alternée a été appliquée. Cette mesure de restriction sur les véhicules légers permettrait de réduire le trafic automobile de 40 à 60%, limitant ainsi la quantité de particules fines dans l’air. Au sein de la rédaction Lumières de la Ville, nous nous sommes questionnés sur la pertinence et l’efficacité de cette mesure. Est-elle suffisante ? Pourquoi ne l'appliquons-nous qu'en cas de crise ? Que pouvons-nous faire pour que la pollution urbaine soit réduite tout au long de l’année ?
Pour répondre à nos questions, nous nous sommes tournés vers une start-up française, Plume Labs. L’entreprise met la technologie au service de l’amélioration de la qualité de l’air. L'outil sert alors de vecteur à la sensibilisation du grand public.

Parmi leurs projets,Plume Labs a développé des capteurs qui enregistrent le taux de pollution dans l’air et les retranscrivent via une appli. Les tests avaient fait parler d'eux. Lors de leur mise en fonction, des pigeons avaient été embauchés par la start-up comme cobayes.

Romain Lacombe, co-fondateur de Plume Labs, a répondu à nos questions.




Dans le cadre de l'actualité parisienne, quelle incidence réelle la mise en place de ce dispositif a-t-elle sur la qualité de l'air? Est-ce une solution suffisante en cas de pic de pollution ? Y a-t-il d'autres éléments qui contribueraient à ces améliorations qualitatives?

"Moins de voitures sur la route, c'est moins d'émissions polluantes en centre ville. Le pic actuel est une situation exceptionnelle découlant d'un phénomène météorologique qui concentre les émissions au niveau du sol : il est donc crucial de réduire les émissions pour éviter une explosion du niveau de polluants dans l'air, et c'est l'objectif de cette mesure. Malheureusement l'automobile n'est pas la seule source de particules fines, et la circulation alternée ne suffit pas à éliminer la pollution : chauffage urbain, industrie, épandages agricoles au printemps sont autant d'autres sources qui peuvent jouer un rôle important selon les saisons. L'épisode actuel risque de se poursuivre tant que l'anticyclone présent sur le nord de l'Europe continuera à empêcher la dispersion et accentuer la concentration au sol des polluants de l'air émis en ville."


Pour que la qualité de l'air de Paris soit "parfaite" combien de journées de ce type seraient nécessaires ? Quelles actions parallèles de long terme devraient être mises en place ?

"Les pics de pollution élevée sont de véritables crises sanitaires, comme l'avait montré le Grand Smog de 1952 à Londres qui avait causé des milliers de décès en quelques jours. Mais le danger de la pollution, c'est aussi et surtout l'exposition chronique aux niveaux de pollution de fond, moins élevés mais bien présents au quotidien en dehors des périodes de pics. Des mesures comme la circulation alternée et la gratuité des transports sont importants pour répondre à l'épisode de pollution record que nous vivons, mais il ne faut surtout pas oublier l'air pur le reste de l'année. Il est essentiel pour une meilleure qualité de l'air à long terme de réduire les émissions industrielles, d'encourager le transport en commun, de développer le covoiturage et les mobilités propres. Le transport vit aujourd'hui sa révolution numérique et collaborative : c'est une opportunité pour remettre l'environnement au cœur de la politique des villes."


Dans le débat concernant la piétonisation des berges de Seine à Paris, une voie s'élève pour dénoncer la pollution que cela engendrerait par la congestion que cela impliquerait. Quelle valeur donner à cette estimation ?


"Il est crucial, dans le débat sur les voies sur berges, de bien distinguer l'impact à court et à long terme de la mesure. Si la clôture des voies peut en effet rediriger une partie du trafic vers le reste de la Paris dans l'immédiat, elle participe aussi à plus long terme à un changement de notre rapport à la mobilité qui peut avoir des conséquences durables sur l'usage de transports plus propres, plus justes, et plus efficaces – et donc pour une meilleure qualité de l'air. Cela suppose évidemment de proposer ces solutions alternatives et de les encourager. C'est pour cela que mieux comprendre la qualité de notre environnement est si important pour les citadins, comme le sont les innovations urbaines que Lumières de la Ville met en avant et qui peuvent contribuer à l'améliorer."


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