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MIPIM – Pour ParkBee, la ville de demain sera basée sur le partage des ressources, à l’image des abeilles

Portrait
La Rédaction , le 09 mai 2017
Du 14 au 17 mars dernier, l’équipe Lumières de la Ville s’est déplacée à Cannes pour assister au MIPIM. Chaque année, ce salon international de l’immobilier réunit les acteurs de la ville de demain. Pendant quatre jours, les acteurs les plus influents de tous les secteurs de l’immobilier (bureaux, résidentiel, commerces, santé, sport, logistique, industriel, etc.) échangent et récompensent les projets les plus innovants. Au cours de ce salon, nous avons rencontré des personnes inspirantes que nous souhaitions vous faire rencontrer et qui nous ont fait part de leur vision de la ville de demain !
Au cours du MIPIM se déroule la Start-Up Competition. Cette compétition met en lumière et récompense les start-up les plus innovantes relevant les plus grands défis urbains actuels et à venir. Trois rendez-vous préalables ont été donnés pour sélectionner trois finalistes dans trois catégories différentes : bâtiment, ville et transactions. Avant l’annonce des résultats, nous sommes allés à la rencontre de la start-up ParkBee, qui était en compétition pour la catégorie “ville”. ParkBee développe une application d’aide à l’optimisation du stationnement en ville. Heloise Dersjant, venue représenter son équipe au MIPIM, nous en dit plus sur leur projet.







Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous expliquer d’où vient ParkBee ?


Je suis directrice du marketing pour ParkBee. Je viens d’Amsterdam, là où notre start-up a été créée par Jian Jiang and Tom Buchmann. Ils vivaient tous les deux dans le sud des Pays-Bas et travaillaient à Amsterdam. A force d’aller-retour quotidiens en voiture, ils se sont rendu compte de la difficulté de trouver une place en ville, que ce soit à Amsterdam ou à Rotterdam, là où ils vivaient. Ils se sont aussi rendu compte du nombre de places vides. En effet, dans nos parking d’immeubles, notre place de stationnement est vide la moitié du temps. Alors ils se sont demandé comment ils pouvaient répondre à cela. C’était en 2014, et c’est à ce moment qu’ils ont quitté leur travail et ont commencé l’aventure de ParkBee.

Ils ont commencé à recenser les espaces de parking disponibles comme par exemple les bâtiments de bureau. Ils ont d’abord constaté que 30% de ces places étaient vacantes, non utilisées. Les 70% restantes ne le sont que sur une petite période, de 8h à 5h. Le reste du temps, elles sont vides ! C’est une perte considérable !

Nous avons donc essayé de trouver une solution pour optimiser l’usage de ces places de parking. Nous avons donc commencé à travailler en coopération avec ParkMobile aux Pays-Bas. L’application ParkBee en est ressortie et vient d’être lancée en mars 2016.



Comment fonctionne votre système ?


Notre application vous permet de vous garer sur des places de parking privées. Lorsque nous avons passé un accord avec le propriétaire, nous installons un système connecté sur la barrière d’entrée du parking. Celui-ci est directement relié à nos services et au propriétaire.

Quand vous entrez dans le parking, l’application vous permet d’ouvrir la barrière et enregistre votre entrée. La transaction commence. Le même système vous permet de ressortir et de stopper la transaction. Ainsi, vous payez votre stationnement au propriétaire via l’application.



L’application a été lancée en mars 2016, en quoi pensez-vous que celle-ci puisse changer la ville ?


La Ville souhaite retirer complètement les voitures de la rue. En parallèle, les gens utilisent de plus en plus leurs téléphones. Aux Pays-Bas, quand on stationne dans la rue, on paye avec son téléphone. L’utilisation de son smartphone comme moyen de paiement est en croissance. En mettant ces deux éléments en parallèle, cela semble évident. Nous travaillons actuellement avec des municipalités qui souhaitent retirer les voitures de leurs espaces publics. Pour répondre à votre question nous ne savons pas encore à quel point ParkBee aura de l’influence mais notre objectif est de retirer les voitures de la rue.



Pensez-vous vous développer en dehors des Pays-Bas ?


Actuellement, nous avons 40 garages aux Pays-Bas et 6 à Londres. Nous portons essentiellement notre attention sur les Pays-Bas et Londres pour mener notre projet à bien. Bien entendu, nous aimerions permettre à un maximum de villes de retirer les voitures de leurs rues ! A Paris, ce sont 450 000 places de parking qui sont inutilisées !



Quelle définition de la ville de demain pour vous ?


Pour moi, dans la ville de demain, il n’y a pas de trafic automobile. En réalité 30% du trafic en centre-ville est lié à la recherche d’une place de parking. La ville de demain est débarrassée de ce type de trafic.

Personnellement je dirais aussi que la ville de demain est très verte, au sens où elle possède une végétation importante. Mais la ville de demain également verte au sens où elle est durable, car elle s’assure d’utiliser ses ressources de la bonne manière et pense plus en termes de partage. Je ne pense pas seulement au fait de partager votre garage, je pense au partage d’autres choses, comme partager vos affaires entre voisins ou des espaces ouverts, etc.



Pourquoi “ParkBee”?


Si je devais donner une explication, je vous dirais que les abeilles partagent aussi leurs ressources et c’est le point commun que nous avons.

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