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Les rencontres #Street-artistiques de Miss Acacia : Don Matéo, l’anti-dépresseur urbain

Billet
Miss Acacia , le 27 novembre 2015
  Pour ce nouveau portrait je continue ma présentation du quatuor lyonnais qui s’était installé au Cabinet Lire la suite
COUV DON MATEO  

Pour ce nouveau portrait je continue ma présentation du quatuor lyonnais qui s’était installé au Cabinet d’amateur il y a maintenant un an avec l’expo Lyon hors les murs. Donc, après Cap Phi et Big Ben voici Don Matéo qui vient de terminer la très belle exposition Far Away.

 

Don Matéo Dela Vega

 

Comme pour les autres artistes, commençons par son pseudo. Il lui a été inspiré par Don Diego Dela Vega, qui n’est autre que le célèbre Zorro, le sauveur masqué ! Après avoir vécu en Franche-Comté, en Espagne, au Danemark, il s’est installé à Lyon en 2010 . C’est à ce moment là qu’il  commence à couvrir les murs de la ville avec ses portraits hyper réalistes. Il avait bien essayé avant… Il avait tout juste 12 ans lorsqu’il a réalisé son premier tag. Comme tous les enfants, il avait juste envie de faire un truc interdit. Seulement, sans le savoir, il a choisi comme « support » la voiture de son prof principal… pas forcément la meilleure des idées. Après cette expérience « malheureuse », il attendra quelques années pour revenir à l’art urbain.

 

Les personnages de Don Matéo

 

Maintenant que les présentations sont faites, partons à la rencontre de ses oeuvres. La « spécialité » de cet artiste ce sont les portraits. Il réalise des personnages hyper réalistes, souvent à taille humaine qu'il colle sur les murs. Il représente souvent des anonymes qu’il a choisi pour ce qu’ils dégagent. Il suffit d’un instant, celui où l’intensité d’un regard ou la force d’une gestuelle crée chez lui une émotion qu’il a envie de reproduire. Il veut que son travail ait « une âme » : il va donc toujours essayer de rendre l’émotion que lui-même a ressenti. Il veut, à travers son travail, « donner un peu d’humanité » à un monde trop froid.

 

Il lui arrive aussi de peindre des personnages publics tels que Frida Kalho, Mandela ou encore Aung Saan Suu Kyi. Il ne choisit que des personnes qu’il admire et qui ont une vraie « gueule ». A travers ses portraits il veut leur rendre hommage car ce sont eux qui changent le monde. Les coller sur les murs c’est un peu les rendre accessibles à tous et peut-être les faire connaître à un plus grand nombre.

 

« La rue, c’est ma liberté »

 

Pour lui ses collages ne sont que sa façon de s’exprimer. Ses coups de gueule, ses idées ou ses émotions il les exprime sur les murs. Au quotidien, son inspiration lui vient de l’actualité, de ce qu’il vit et de ses humeurs.  Ne pas se fixer de barrières lui permet de remettre en cause son travail en permanence. Il veut se surprendre lui-même en se laissant une liberté totale par rapport aux sources d’inspiration.

 

Travailler dans la rue c’est avant tout une question de liberté : faire ce qu’il veut, quand il veut et où il veut. Ensuite, viennent d’autres raisons. L’adrénaline et le partage bien sur : chaque sortie nocturne est un peu une aventure qui lui permet de faire des rencontres inattendues et de redécouvrir la ville.  Enfin, pour lui, il y a quelque chose lié à l’enfance, c’est un peu comme lorsque, gamin, il décorait sa chambre avec des posters. Adulte, il a étendu son territoire et investit la rue. La rue devient un espace de création magique qui inspire, qui excite, qui fait vibrer et qui rend libre…

 
Je trouve que l’on manque de gaieté, on manque de révolte, on manque de surprises, on manque d’humanité. Donc voilà, j’essaie de porter un regard artistique plutôt porté vers la lumière, afin de ne pas se laisser envahir par la morosité.
 

Des collages et des pochoirs… mais pas que

 

Avant tout,  il souhaite rendre son personnage vivant, qu’il transmette une émotion. Avec le pochoir et le collage seuls ça ne serait pas possible car ce sont des techniques assez « statiques ». C’est pourquoi il utilise également la peinture, à l’aérosol ou au pinceau, à l’huile ou à l’eau. Il compare la peinture à une sorte de combat dans l’idée de mouvement. Il travaille sur les traces, les accidents qui surviennent avec la bombe ou le pinceau. Comme il le dit lui-même, «en ne faisant que du pochoir j’occulterais tout ceci, je mélange donc les techniques pour donner du mouvement, de la vie, de la vibration à mes peintures ». Il aime laisser la place à l’inattendu. On en revient encore à son besoin de se surprendre lui-même qui va de pair avec son goût de la liberté.

 

Don Matéo a choisi le collage par feeling pour le papier mais il aime expérimenter de nouvelles choses et s’adapte à une multitude d’autres supports comme la toile, le bois ou des objets de récupération. Là encore, la variété des supports permet d’éviter la routine.

Ce qu’il aime également dans le collage c’est son côté éphémère. Lorsqu’il le colle dans la rue difficile de savoir la durée de vie. Le papier est abîmé par les intempéries, se décolle puis disparaît.

 

Mais c’est le jeu… L’art de la rue est un art éphémère ! 

 

Son travail en images

 

Vous pouvez retrouver l'ensemble de son travail sur son site www.donmateo.fr et faire plus ample connaissance avec lui grâce à l'Opus Délits qui lui est consacré : "Don Mateo : Antidépresseur urbain".

 

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