Ce samedi 16 mars, aux alentours de 19h30 et pendant une vingtaine de minutes, ce sont une trentaine de personnes qui sont restées coincées dans les cabines du téléphérique brestois, suspendues à 60 mètres de hauteur. La cause de la panne ? Un défaut technique sur les câbles tracteurs.

Depuis sa mise en service en novembre 2016, le fonctionnement du téléphérique brestois semble plus ou moins hasardeux. Permettant la liaison entre le centre-ville et le quartier des Capucins, il a été plusieurs fois victime de pannes qui l’ont obligé à se mettre à l’arrêt. Le premier cas est même survenu seulement 11 jours après son inauguration. Avec une moyenne de 1500 passagers par jour en semaine, et 4700 par jour en week-end, les deux cabines du téléphérique font des allers-retours de 7h30 à 00h00 en semaine et 00h30 le week-end, un aspect bien pratique pour les habitants qui peuvent désormais plus facilement franchir la Penfeld.

Mais depuis peu, la mise en marche du téléphérique suscite des tensions. Les riverains porte peu à peu plainte en dénonçant les nuisances sonores provoquées par les câbles tracteurs. Réalisée par un bureau d’étude mandaté par Brest Métropole, une étude a révélé que les ondes sonores émises par le fonctionnement des câbles était un bruit sourd avec une fréquence très basse. Mélangé à l’acoustique urbaine, ce son n’est pas perceptible, mais il a la particularité de passer les doubles vitrages et devient alors gênant en intérieur. Un bruit de fond, assimilable à un bruit d’ascenseur ou de remonter mécanique, vient alors perturber la tranquillité des brestois au sein même de leur domicile.

La question des gênes sonores liées à l’exploitation du téléphérique a été soulevé dès le début du projet. Kéolis, l’exploitant, et Brest Métropôle se sont tout de suite voulu rassurant vis à vis des riverains, mais n’ont pas réussi à anticiper ce problème. Même si beaucoup d’habitants déclarent s’être habitués à cette gêne quotidienne, ils signalent tout de même que leurs invités sont souvent dérangés dans leur sommeil.

D’autres dénoncent néanmoins le phénomène comme un faux-problème. Vivre en ville implique forcément une nuisance sonore continue. Quoiqu’il en soit, lors de la maintenance annuelle du téléphérique en mai, le câble principal va être remplacé par un nouveau, dont la composition assurera une réduction acoustique conséquente. De 10 à 15% plus cher que l’actuel, il devrait cependant être moins bruyant et durer 2 fois plus longtemps. De quoi ravir les riverains et diminuer le risque de panne.

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En espérant que cela ne décourage pas les nombreux projets de téléphérique en cours, ce dernier étant un mode de transport de plus en plus privilégié par de nombreuses villes.  Saint-Quentin-en-Yveline a d’ailleurs parié sur cette mobilité pour désengorger ces voies de circulation : actuellement à l’étude, ce téléphérique nouvelle génération, fonctionnant à l’énergie solaire, permettra de relier la gare de Montigny-le-Bretonneux à la zone d’activité de la Clef-Saint-Pierre. Les cabines fonctionneront 24 heures sur 24 heures et 7 jours sur 7, et il sera possible pour les usagers de programmer l’arrivée d’une cabine depuis leur téléphone.

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