Végétaliser les toitures est une pratique ancestrale, parue au néolithique, qui consiste à  recouvrir un toit avec un « substrat », c’est-à-dire la reconstitution d’un sol. Depuis les années 1970 et avec l’émergence des premières pensées environnementales, les toitures végétalisées connaissent un renouveau au sein des villes. Néanmoins, elles sont souvent critiquées pour cause de “greenwashing” et nécessitent une logistique parfois complexe, voire peu rentable. L’étude “GROOVES”, parue l’année dernière, a été menée pour en comprendre le vrai coût-avantage, et en décrypter les enjeux.   

L’Agence Régionale de la Biodiversité et l’Institut Paris Région, à l’initiative de l’étude, ont observé entre 2017 et 2019 près de 36 toitures végétalisées sur le territoire de Paris intra-muros et de la petite couronne. Ils définissent  3 typologies de toitures tenant compte de la profondeur du substrat : extensives, semi-intensives et intensives. Ils en isolent également une quatrième, pour les toitures « non plantées » où se développe une faune. 

À partir d’un protocole de recherche basé sur les sciences participatives varié, les chercheurs ont tiré les avantages de la mise en place de cette structure. Parmi eux, on peut citer la rétention des eaux pluviales, la contribution au rafraîchissement urbain, ainsi qu’une meilleure qualité des sols.  Bien qu’ils ne soient pas assimilables à des sols de pleine terre, ces toitures sont des zones favorables au développement soutenu d’une biodiversité, et participent ainsi au maintien de réseaux écologiques végétalisés en milieu urbain. 

Cependant, l’étude identifie également des pistes d’améliorations, parmi lesquelles une incitation vers des conceptions plus low-tech et moins énergivores, comme la mise en place d’un substrat mixte (argile et sable), et la limitation des composants artificiels (bac en plastique, arrosage intégré). Accorder une place centrale à la végétation spontanée et multiplier les strates végétales est nécessaire pour le développement de pollinisateurs et une meilleure capacité de rétention. Il est également possible de créer des formes de micro-habitats, qui pourront enrichir l’attractivité du toit. 

Ainsi, Grooves valide que les toitures végétalisées peuvent être un complément intéressant aux espaces verts en ville. En revanche, elle avertit sur le fait qu’elles ne peuvent pas servir d’argument pour permettre à des projets d’aménagement de compenser l’artificialisation des sols. En soi, on retrouve des débats similaires à ceux qui entourent les forêts urbaines, comme on vous en parlait sur notre chaîne youtube il y a quelques mois.

Crédit photo de couverture ©cavanimages

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