Il désigne une époque de l’histoire de la Terre où les activités humaines produisent des effets profonds et durables sur les systèmes planétaires. D’abord formulée par les géologues au début du XXè siècle, la notion s’est diffusée dans les années 2000 dans le monde de la recherche, parallèlement à l’essor des travaux scientifiques sur la crise environnementale mondiale.
L’Anthropocène se distingue des autres périodes géologiques car elle implique que le passage d’une époque à une autre n’est plus provoqué par des forces naturelles, mais par les activités humaines. Toutefois, ce concept demeure controversé : faute de consensus sur sa date de début et de l’absence de justification à sortir de l’Holocène, la Commission internationale de stratigraphie a refusé en 2024 de reconnaître officiellement l’Anthropocène comme nouvelle époque géologique. Malgré ces débats, ce terme fédère la communauté scientifique autour des réponses à apporter face aux bouleversements environnementaux.
Aujourd’hui, plusieurs chercheurs formulent des déclinaisons critiques de l’Anthropocène, nous amenant à réfléchir à nos manières d’habiter et de cohabiter. Le concept de « Négrocène », théorisé par Malcom Ferdinand, souligne la responsabilité spécifique des sociétés occidentales dans la crise écologique et rappelle que ses effets touchent principalement les populations colonisées Le « Capitalocène », notion popularisée par Jason W. Moore, met en lumière le rôle particulier du système capitaliste dans le changement climatique. Ces réflexions nous invitent à dépasser la question de la soutenabilité pour interroger les inégalités liées à la crise écologique. Elles rappellent ainsi qu’habiter relève d’une responsabilité collective envers les populations les plus exposées aux dommages qu’elle induit.
Rédigé par Lucille Buraud



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