Face à l’ampleur de la catastrophe et aux difficultés de gestion, une initiative spontanée émerge : le groupement pirate « Chido, toit même ».
L’urgence est de réparer pour protéger, ainsi le groupement se constitue dans la foulée des diagnostics des écoles ayant servi de refuge pendant le passage du cyclone. Stéphane Aimé, fondateur de Tand’M Architectes lance ce groupe pirate essentiellement constitué de jeunes architectes salariés des agences de l’île, de charpentiers et d’enseignants. Ensemble, ils diagnostiquent et réparent en urgence les équipements structurels servant de refuge aux habitants. Huit ou neuf volontaires se relaient pour sélectionner les bâtiments stratégiques. Après avoir sécurisé l’accès aux bâtiments, les volontaires s’attellent à réparer les toitures, installer des pare-pluie livrées en urgence, mètre carré par mètre carré. Une logique de bricoleur de l’urgence qu’ils mettent en place en réparant 10 à 20 mètres carrés de toiture, pour sauver trois à neufs salles de classe afin de relancer la vie sur Mayotte.
Cette première initiative a permis d’établir un inventaire précis des bâtiments réparables en urgence et surtout de poser les bases d’une démarche applicable à plus grande échelle. Avec le cyclone Chido, Mayotte a vécu une expérience de solidarité fondatrice : celle d’architectes et d’artisans s’auto-organisant volontairement, tout en construisant un laboratoire de réflexion pérenne sur l’architecture adaptée aux territoires vulnérables. Comme un écho à la notion de maintenir et de réparer dans l’éthique du care, cette mobilisation collective révèle l’urgence de retrouver un savoir-faire constructif et de placer le bon sens technique au cœur de l’acte de construire. Une expérience qui ouvre la voie à de nouvelles formes de solidarité professionnelle et de transversalité sociale.
Rédigé par Léa Demongeot



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