En effet, la Belgique possède un tissu associatif LGBTQIA+ relativement développé par rapport aux autres pays européens, notamment grâce à un fort niveau d’institutionnalisation, c’est-à-dire une intégration importante des associations dans les politiques publiques, plutôt qu’un fonctionnement uniquement fondé sur des collectifs militants indépendants. Celles-ci se concentrent principalement à Bruxelles car la ville concentre de nombreuses institutions européennes, ONG internationales et réseaux de défense des droits humains. 

Parmi ces associations, Epicentre, un centre pluridisciplinaire de soin se trouvant à Bruxelles, veille à l’accès aux soins pour les minorités et établit une corrélation entre la ségrégation urbaine et les inégalités de santé. Dans le prolongement de ces réflexions sur le lien entre inégalités sociales et inégalités spatiales, l’association a décidé de développer en 2023 le projet Open spaces – Inclusive City pour favoriser la construction d’une ville plus inclusive pour les personnes LGBTQIA+. En Belgique, plusieurs dispositifs qui veillent à la lutte contre les discriminations dans l’espace public existent mais très peu sont centrés spécifiquement sur les droits de ces personnes. 

Ce projet constitue donc une avancée majeure sur les réflexions et les pistes d’action favorisant leur inclusion dans l’espace public. En se basant sur une méthodologie de recherche participative issue des expériences de terrain de l’association, cet outil d’accompagnement met en lumière les besoins réels exprimés par ces personnes : développer un sentiment de sécurité et de légitimité, réduire le sentiment de “stress des minorités” et de vigilance et ne plus anticiper le risque lorsqu’elles se déplacent en ville. Cette recherche permet donc d’accompagner les actrices et acteurs de la fabrique urbaine à développer des espaces faisant de ces demandes une priorité. En termes d’aménagement, rendre les espaces plus accueillants, lisibles et rassurants se traduit par une signalétique, des affiches et des règles rappelant l’importance de la non-discrimination mais également par une posture du personnel et une qualité d’accueil des lieux, allant dans ce sens. L’idée est donc d’aménager des espaces et des lieux fondés sur l’hospitalité et la reconnaissance des vulnérabilités. Un exemple qui pourrait inspirer les actrices et acteurs de l’urbanisme en France, qui souhaitent porter une attention particulière aux personnes qui traversent tous les jours les mêmes rues et les mêmes lieux que nous mais qui restent invisibilisées dans les politiques d’aménagement.


Rédigé par Lucille Buraud

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