Prendre Place, c’est un collectif féministe émergent qui porte un nom plein de sens. Aujourd’hui, comment fait-on pour prendre sa place en tant que femme dans ces métiers mais aussi spatialement ? Ce réseau s’adresse donc à toutes les femmes du domaine de la fabrique de la ville, qu’elles travaillent dans l’ombre ou communiquent, qu’elles aient 30 ans de profession ou qu’elles sortent d’études, elles sont toutes les bienvenues. Il n’est plus à prouver que la faible représentation ne vient pas d’un manque de compétence ou de talent, mais bien de biais, ancrés et tenaces, qui font de nos systèmes de décision des poches hermétiques à la plupart des femmes. Alors le collectif a pour mission de créer un réseau d’entraide qui permettra enfin de rompre avec ces mécanismes patriarcaux.
Donner de la visibilité aux femmes de l’aménagement, c’est le point de départ, mais le collectif Prendre Place va plus loin. Il se construit autour de trois axes : la sororité et l’entraide professionnelle d’abord, pour que les femmes se recommandent, se soutiennent et s’encouragent mutuellement à occuper les places auxquelles elles aspirent. L’urbanisme féministe ensuite, car penser et aménager la ville avec et pour les femmes reste un chantier immense, tant les projets qui ciblent leurs besoins demeurent invisibilisés. Enfin, le défi le plus structurel de Prendre Place est l’autonomie. À l’heure où les subventions publiques se font incertaines, comment continuer à construire pour les femmes sans dépendre de ce modèle ? Une question que le collectif pose sans détour, et qui dit beaucoup de sa volonté de s’inscrire dans la durée.
Rédigé par Léa Demongeot Marais



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