LITTÉRATURE
Le soin est un humanisme – Cynthia Fleury

Publié en mai 2019 dans la collection Tracts des éditions Gallimard, “Le soin est un humanisme” est une tentative de soigner l’incurie du monde. Cynthia Fleury, philosophe, psychanalyste et titulaire de la Chaire Humanités et Santé, nous invite, lectrices et lecteurs, à redonner une place centrale au soin, qui représente pour elle “la seule manière d’habiter le monde”.
Au fur et à mesure des pages, il est question de l’engagement éthique de l’Homme, de sa responsabilité individuelle envers l’humanité, des vulnérabilités et fragilités qui font naître sa préoccupation et ses considérations. Sont également abordés les parallèles entre soin et politique, les rapports entre les humanités et la santé, les liens entre les soignants et les soignés, entre les patients et les lieux. À la croisée de la sollicitude, la prudence et l’attention, Cynthia Fleury nous rappelle que le soin est une fonction en partage, qu’il est l’affaire de toutes et tous.
Rythmé par diverses pensées inspirantes, celles d’Hannah Arendt, de Michel Foucault, de Georges Canguilhem, par le droit d’enquêter de Bruno Latour et La Borde de Jean Oury, cet ouvrage souligne les nécessaires ponts à créer entre nos facultés des sciences humaines et sociales et nos facultés de médecine. Parce que “S’informer, (se) former, (se) transformer, voilà ce que l’épistémologie de la démocratie enseigne à la politique. Et c’est ce qu’il y a, derrière le grand continuum du soin : l’attention aux idées, à la connaissance et l’attention aux êtres et au monde”
Prix : 3,90 euros
À commander ici : https://www.gallimard.fr/catalogue/le-soin-est-un-humanisme/9782072859878
Éloge des mauvaises herbes, Ce que nous devons à la ZAD – Coordonné par Jade Lindgaard
Comment habiter le monde tout en le préservant ? C’est à la fois la lutte et l’expérimentation sociale qu’ont mené.e.s les habitant.e.s de Notre-Dame-des-Landes et des militant.e.s venu.e.s d’ailleurs pour soutenir le mouvement. En opposition au projet d’aéroport du Grand Ouest, une ZAD (zone à défendre) émerge ainsi dès 2009 grâce à la force et aux convictions de celles et ceux qui croient qu’une alternative est possible pour habiter un territoire et faire société.

Éloges des mauvaises herbes, ce que nous devons à la ZAD (Éditions Les Liens qui Libèrent, février 2020) est un ouvrage collectif dans lequel des artistes, des intellectuels, des écrivains, apportent leur pierre à l’édifice en expliquant, en soutenant, en rendant visible certaines données et concepts.
Sont ainsi regroupées les paroles de l’anthropologue et militant David Graeber « Avez-vous entendu ? C’est le bruit de votre monde qui s’écroule. C’est celui de notre monde qui ressurgit » ; celles de l’écoféministe Vandana Shiva « Ils et elles créent des démocraties vivantes qui reposent sur la participation populaire et façonnent des économies dynamiques en prenant soin de la Terre et des autres » ; ou encore de l’architecte et urbaniste Patrick Bouchain « Des gens qui ne réclament pas la priorité – ils en réclament l’usage« .
Contributeurs et contributrices : David Graeber (préface), Olivier Abel, Christophe Bonneuil, Patrick Bouchain, Alain Damasio, Virginie Despentes, Amandine Gay, John Jordan, Bruno Latour, Wilfried Lupano, Geneviève Pruvost, Nathalie Quintane, Kristin Ross, Pablo Servigne, Vandana Shiva et Starhawk.
Prix : 7,90 euros
À commander ici : https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-%C3%89loge_des_mauvaises_herbes-597-1-1-0-1.html
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CINÉMA
La terre Outragée

Sorti en 2012, le film de Michale Boganim résonne avec les questionnements actuels sur le soin de nos terres et de ses habitants. Un film qui nous emporte dans la catastrophe de Tchernobyl à travers le regard des victimes. La transcription d’une histoire et d’un héritage psychologique, qui prend du temps à guérir dans le corps comme dans le cœur.
La véritable prouesse du film est d’avoir pu tourner dans la zone contaminée de Tchernobyl pour en révéler le glaçant tableau des paysages outragés, de la ville fantôme, et du sarcophage de béton qui recouvre la centrale. Tous ces paysages sont suspendus et pourtant… La vie reprend ses droits, la végétation se déploie et des réfugiés d’une guerre voisine s’y installent.
Une réflexion sur le surdimensionnement dans nos systèmes de mégalopoles et ces équilibres précaires qui accroît la vulnérabilité de la population et de nos terres.
Recommandé par Léa Demongeot Marais
J’veux du soleil – Gilles Perret et François Ruffin

Sorti dans nos salles de cinéma en avril 2019, “J’veux du soleil” est un film documentaire sur le mouvement des gilets jaunes. En traversant 9 départements du Nord au Sud de la France, le documentariste Gilles Perret et le député François Ruffin partent à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont activement participé à cette reprise du pouvoir. En écrivant et en réalisant leur premier projet commun, ils nous permettent de suivre, d’écouter, de comprendre ces revendications et de visualiser concrètement ces actions.
Il s’agit de donner la parole et de montrer le quotidien de personnes victimes de violence sociale et économique. Il s’agit aussi de montrer une image réaliste, incarnée et authentique du mouvement. Finalement, il s’agit de créer une forme de mémoire collective autour de cette mobilisation inédite, d’en laisser une trace durable et inspirante.
Pendant 1 semaine de décembre 2018, les deux amis ont ainsi interrogé et filmé les gilets jaunes sur nos routes et nos ronds-points, avec des marques de gravité, d’urgence, parfois d’humour. “J’veux du soleil” met sur le devant de la scène des gens en colère, des gens solidaires, des lieux ordinaires qu’ils et elles transforment en espaces de rassemblement, de soutien, de lutte.
Recommandé par Lola Roy



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