Face à l’accompagnement fragile des patients atteints de maladies mentales dans les asiles, un mouvement de réforme de la psychiatrie, la « psychothérapie institutionnelle » se développe au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Ce mouvement propose de repenser la relation hiérarchique entre soignants et patients pour rompre avec la passivité à laquelle ces derniers sont assignés et les réintégrer dans le monde extérieur.

Lieu emblématique de la psychothérapie institutionnelle, la clinique de la Borde repose ainsi sur la gestion collective et partagée du lieu, la responsabilisation des patients lors des thérapies et leur liberté de circulation au sein de la clinique. Toutes les semaines, ils participent activement à l’élaboration d’activités à visée thérapeutique : rédaction d’un journal hebdomadaire, ateliers de poterie, apiculture… Dans les années 1970, de nombreux intellectuels se sont intéressés au fonctionnement particulier de ce lieu et ont montré les bénéfices des thérapies collectives et participatives sur les patients atteints de troubles psychiatriques. Ainsi, la clinique de la Borde rappelle combien les lieux et leur organisation collective jouent un rôle central dans le soin et l’équilibre psychique.

Depuis les années 1970, des « clubs thérapeutiques » se sont développés, inspirés directement du modèle de la clinique de la Borde. À quelques exceptions près, ces clubs fondés dans les années 1950-1970 ont cédé la place à d’autres dispositifs, tels que les hôpitaux de jour ou les centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP). Toutefois, dans un contexte de crise du secteur psychiatrique, la clinique de la Borde, ou encore des hôpitaux de jour, à Saint-Denis ou à Laveur, ont très récemment été menacés de fermeture. Les approches collectives de ces lieux, fondées sur le lien social et le temps long, sont perçues comme incompatibles avec les logiques de standardisation et de marchandisation du secteur. Les patients et les médecins se sont mobilisés contre ces fermetures, rappelant l’importance des espaces où le soin passe par l’autonomie et la pratique collective.


Rédigé par Lucille Buraud 

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