LITTÉRATURE

Villes ouvertes, villes accueillantes 

L’ouvrage Villes ouvertes, villes accueillantes, de Cyrille Hanappe et Élise Al Neimi, pose une question à la fois urbaine et politique : que dit une ville de la place qu’elle accorde à celles et ceux qui arrivent dans les villes sans avoir de  papiers, de logement ou des droits qui ne sont pas encore reconnus ? En partant de la crise de l’accueil des personnes exilées et des manières d’habiter précaires (dans des campements, des squats ou via les dispositifs d’hébergement d’urgence), les auteurs défendent l’idée d’une ville accueillante, capable d’organiser concrètement l’accueil des personnes exilées, sans-abri, sans-papiers ou mal logées.

L’hospitalité, dans leur perspective, devrait permettre de dépasser cette logique minimale de mise à l’abri pour penser une ville où l’accueil devient une politique urbaine à part entière : héberger, mais aussi reconnaître, intégrer, donner accès aux droits, aux espaces et à une place dans la cité. 

Le livre tente de ne pas séparer les enjeux migratoires de ceux du mal-logement, de la précarité et de l’invisibilisation. Les auteurs rappellent que ceux qu’ils appellent les « sans » (sans-abri, sans-papiers, sans-domicile ne sont pas en dehors de la ville mais en occupent les interstices et les marges. À l’heure où les politiques d’exclusion se traduisent aussi spatialement, par l’éloignement ou l’empêchement, cet ouvrage invite les élus, les concepteurs et les citoyens à penser l’accueil comme un projet de ville à part entière. Une lecture essentielle pour comprendre que prendre place dans la ville, c’est déjà commencer à exister politiquement.Disponible ici (gratuitement) : https://docs.eclm.fr/pdf_livre/411VillesOuvertesVillesAccueillantes_Hanappe_AlNeimi.pdf


Recommandé par Théo Loison

CINÉMA

L’histoire de Souleymane, Boris Lojkine, 93 minutes

Le film primé à plusieurs reprises au Festival de Cannes retrace le parcours de Souleymane, jeune Guinéen arrivé à Paris pour vivre une vie plus sereine et aider sa famille, restée en Guinée. Pour survivre, Souleymane travaille en tant que livreur de repas à vélo, emploi qu’il doit exercer en louant l’accès à la plateforme à un autre livreur. Situation qui ajoute d’autant plus de stress et de problèmes pour ce jeune qui accumule déjà les difficultés. 

En effet, chaque soir, Souleymane slalome entre les rues de Paris et subit la précarité de cet emploi : clients impatients, restaurateurs véreux, dangers de la route… et de la ville. Après avoir raccroché son vélo pour gagner quelques euros, on comprend que la nuit ne fait que commencer, il doit batailler pour ne pas rater le bus qui l’emmènera dans un centre social, tout en préparant un entretien crucial qui lui permettrait d’obtenir un titre de séjour. 

Finalement, L’histoire de Souleymane fait la lumière sur une réalité que de nombreux sans papiers vivent dans les rues de nos grandes métropoles. Il présente avec précision les injustices que vivent les livreurs à vélo, tout en racontant le parcours du combattant et les incohérences administratives pour accéder à un titre de séjour, bien loin des théories fantasmatiques sur l’immigration. C’est aussi un questionnement sur la Ville, qui voit cohabiter au sein des mêmes grandes artères ceux et celles qui, trop pressés, s’achètent le travail acharné de ceux pour qui la vie est en pause.


Rédigé par Chloé Hilgros

PODCAST

Blast – Les invisibles : 3 épisodes sur les travailleurs sans papiers

Le podcast Les invisibles du média indépendant Blast donne la parole à celles et ceux qui exercent des métiers essentiels mais invisibilisés, en explorant à travers leurs témoignages les conséquences sociales, physiques et psychiques du travail. Parmi les différents épisodes, une série en trois parties explore le quotidien des travailleurs et travailleuses sans-papiers. 

Brancardier.es, livreur.euses ou encore militant.es, ces personnes traversent chaque jour les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes commerces que les autres habitants et habitantes mais font face à une invisibilité juridique, sociale et spatiale. Le premier épisode interroge la logique utilitariste derrière l’emploi de ces travailleurs et travailleuses : les villes ont besoin d’elles et eux pour fonctionner, mais les maintiennent dans un flou juridique contribuant à leur invisibilisation. 

Le deuxième met en lumière les difficultés liées aux démarches qu’ils et elles doivent effectuer pour obtenir une régularisation. Le troisième donne la parole à celles et ceux qui subissent au quotidien les préjugés et les discriminations liés à ce statut précaire. Une série qui nous amène à prendre conscience de ces formes d’inhospitalité urbaine et à ne plus ignorer les usager.es que nos espaces du quotidien rendent invisibles.

Retrouvez ces trois épisodes sur : 


Recommandé par Lucille Buraud

Nous avons besoin de votre consentement

Lumières de la ville tente de vous proposer chaque jour une information urbaine de qualité sans publicité, et pour cela aimerait que vous acceptiez que les cookies soient placés par votre navigateur pour pouvoir analyser le trafic de notre site Web, activer les fonctionnalités liées aux réseaux sociaux, et vous proposer un contenu personnalisé. Cela impliquera le traitement de vos informations personnelles, y compris votre adresse IP et votre comportement de navigation. Pour plus d'informations, veuillez consulter notre Politique de cookies. Pour modifier vos préférences ou rejeter tous les cookies fonctionnels sauf ceux nécessaires, veuillez cliquer sur «Configurer les préférences».

Voulez-vous accepter ces cookies?

Analytics
Youtube Trackers