Ce mouvement apparaît dans le monde de la recherche au cours des années 1980 dans l’objectif de comprendre l’émergence des organisations communautaires non institutionnelles. Il défend l’idée que la société doit s’organiser autour de « communs », des ressources partagées et gérées collectivement pour garantir le bien-être et la cohésion sociale.
Au regard de la privatisation et de la financiarisation croissante des espaces et des ressources publiques, de nombreuses pratiques d’action communautaires, aussi appelées « commoning », se sont ainsi développées dans les villes des quatre coins du globe. Parmi celles-ci on retrouve la création d’un bassin versant solidaire en Belgique pour impliquer les citoyens dans la gestion de l’eau, ou encore l’expérimentation de la « propriété d’usages » en Allemagne, permettant à des collectifs d’utiliser un logement en le retirant du marché. Ces pratiques rappellent que le droit à la ville ne se limite pas à la propriété mais inclut l’appropriation collective des espaces et des ressources.
Aujourd’hui, à travers un cahier de propositions, les collectifs Remix the commons, La Myne et le Mouvement Utopia plaident pour inscrire ces pratiques locales dans les politiques publiques. Afin de remédier à l’accentuation des inégalités sociales et territoriales, de nouveaux dispositifs de co-construction de l’action publique doivent être mis en œuvre par les communes.
Ils soutiennent ainsi une « politique des communs » dans laquelle la gouvernance des ressources essentielles, l’eau, le foncier et l’habitat, doit être collective et orientée vers leur mutualisation. Ils proposent, par exemple, des mécanismes de gouvernance foncière partagée, permettant d’éviter la spéculation et de garantir un accès abordable et durable au logement. Les fiducies foncières publiques, ou encore le renforcement du rôle des Établissements Publics Fonciers Locaux (EPFL), constituent, entre autres, ces outils de co-construction des politiques locales.
Pour en savoir plus sur les outils proposés : https://politiquesdescommuns.cc/
Rédigé par Lucille Buraud



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