LITTÉRATURE
Une écologie décoloniale – Penser l’écologie depuis le monde caribéen – Malcom Ferdinand

Dans Une écologie décoloniale – Penser l’écologie depuis le monde caribéen, publié en 2019, Malcom Ferdinand propose un déplacement salutaire du regard : penser la crise écologique non plus seulement comme le produit d’un rapport moderne et techniciste à la nature, mais comme l’héritage direct d’une histoire coloniale, esclavagiste et extractiviste.
Depuis le monde Caraïbéen, territoire façonné par la plantation, la dépossession et l’exploitation des corps comme des terres, l’auteur montre que les vulnérabilités écologiques contemporaines ne sont jamais neutres. Ouragans, montées des eaux, appauvrissement des sols : les bouleversements climatiques frappent d’abord des mondes déjà fragilisés par des siècles de domination.
À l’heure où l’on cherche aussi à prendre soin du non-humain, ce livre rappelle avec force qu’aucun soin porté au vivant ne peut faire l’économie d’une réflexion sur les rapports de pouvoir qui organisent notre manière d’habiter la Terre. Malcom Ferdinand invite ainsi à sortir d’une écologie abstraite, parfois aveugle aux inégalités, pour construire ce qu’il nomme un « navire-monde » : un espace commun où humains et non-humains, histoires blessées et futurs possibles, peuvent être pensés ensemble.
Une lecture essentielle pour comprendre que protéger le vivant, c’est aussi transformer les relations d’exploitation qui l’ont rendu vulnérable.
Éditions du Seuil, 25,50 euros
Recommandé par Lola Roy
Pour une écologie pirate, et nous serons libres – Fatima Ouassak

Pour approfondir le lien entre justice sociale et écologie, nous n’avons pas à aller trop loin. Dans son ouvrage Pour une écologie pirate, et nous serons libres, paru en 2024, Fatima Ouassak dénonce une écologie « blanchie » et déconnectée, qui oublie que les quartiers populaires subissent de plein fouet les conséquences climatiques tout en restant invisibilisés. Elle y trace les contours d’une « écologie pirate » où la libération de la terre, au sens de la souveraineté des peuples sur leurs territoires et de l’émancipation des populations dominées ou colonisées, est indissociable de l’action écologique.
L’écologie est vécue, située dans nos milieux de vie et c’est dans les quartiers les plus défavorisés, que ses déséquilibres se font le plus sentir, laissant des habitants soumis et impuissants face à des logiques capitalistes à l’origine de la crise. Nous parlons beaucoup de QPV, de ZUP, de ZEP ou de ZUS, mais l’autrice nous rappelle une évidence : « C’est d’une « terre » que nous avons besoin, pas de « zones » ! ».
Ce livre invite à repenser le soin du vivant, qui passe nécessairement par la reconnaissance de l’égale dignité humaine pour des territoires sains et un écosystème préservé.
Éditions La Découverte, 17 euros
Recommandé par Fanny Bézie
L’alternative ambiante – Gilles Clément

Gilles Clément est l’un des paysagistes et jardiniers les plus emblématiques. Il écrit son engagement et son rapport au non-humain dans une multitude d’ouvrages et de textes. L’alternative ambiante, publié en 2014, est une réflexion sur nos rapports à la nature, au non-humain et à toutes les alternatives que nous n’envisageons que trop peu dans l’écosystème actuel.
Avec cet article, inspiré des travaux qu’il a mené dans le cadre de la revue Les Carnets du paysage, Gilles Clément propose une nouvelle alternative pour aborder notre rapport à la nature. En prenant nos distances avec les principes des mouvements écologiques actuels et du « Green business », il décrit l’écologie comme une posture citoyenne, à savoir l’affirmation d’un point de vue et d’un engagement envers la société et la planète. Cette nouvelle proposition de pensée replace l’homme dans son environnement terrestre et l’amène à se questionner sur sa position vis-à-vis de la nature.
Éditions Sens Et Tonka Eds, 9,50 euros
Recommandé par Léa Demongeot Marais
PODCAST
Les sentinelles du vivant – Radio Parleur

Podcast créé par le studio de production associatif Radio Parleur, Les sentinelles du vivant explore la relation des nos sociétés contemporaines à la nature, en questionnant la manière dont nous modifions nos territoires et nos paysages. À travers quatre épisodes construits à partir du travail de chercheuses en géographie et aménagement, le podcast donne la parole à des philosophes, écologues, ingénieurs, paysagistes, ou encore éleveuses de chèvres, invités à échanger sur cette problématique.
En commençant par introduire dans le premier épisode, la nature comme un « vivant avec lequel il s’agit de cohabiter », cette série de podcast nous amène à réfléchir à l’histoire de la domination des sociétés humaines sur le vivant, en remontant avant la révolution industrielle. Les deux derniers épisodes s’intéressent, d’une part, à des projets d’aménagement qui préservent le vivant et favorisent la cohabitation avec lui, et d’autre part, aux initiatives politiques actuelles qui luttent pour sauvegarder les espaces naturels.
Ce podcast a été conçu dans le cadre du programme de recherche ANBioT, financé en 2020 par l’Agence nationale de la recherche. L’objectif est d’interroger les transitions écologiques à travers l’hypothèse d’une convergence entre projets de « nature » et d’« agriculture » dans l’action publique locale, avec la biodiversité comme notion transversale.
Retrouvez Les sentinelles du vivant sur :
- Spotify : https://open.spotify.com/show/2ls6X2wxz61yYU5wcKhhWi
- Radio Parleur : https://radioparleur.net/2025/01/09/podcast-sentinelles-vivant-nature/
- Apple Podcast : https://podcasts.apple.com/cm/podcast/les-sentinelles-du-vivant/id1789553882
Recommandé par Lucille Buraud



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