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Au sud de l’Italie, les villages touristiques en sursis

Brève
La Rédaction , le 02 août 2018
Les villages de l'Italie du Sud se dépeuplent, si le tourisme leur offre un répit, le manque d'infrastructures empêche le maintien des habitants sur la durée.
Dans la région du Basilicate, au sud de l’Italie (entre le talon et la pointe de la botte italienne), les villages se dépeuplent d’année en année. La région, déjà parmi les moins peuplées et denses d’Italie, est touchée par la pauvreté et l’exode rural. De nombreux habitants partent pour de plus grandes villes laissant parfois à l’abandon des bourgs qui deviennent fantômes.

Ces lieux sont souvent très anciens, et malgré une beauté architecturale médiévale conservée depuis des siècles comme à Guardia Perticara, on retrouve partout la même courbe démographique, qui d’années en années tombe vers un abandon quasi total. Une baisse de la population qui s’explique notamment par le manque évident de services devenus essentiels à la vie moderne mais également par une population vieillissante qui n’est pas remplacée, et enfin, à cause des catastrophes naturelles qui fragilisent des villages vétustes.

Le village fantôme de Craco, utilisé comme décor pour le cinéma et la télé, est-il le destin des petits villages italiens ?

Pour résister à cette extinction progressive, le tourisme est une source de dynamisme adoptée par plusieurs villages. Certains s’appuient d'ailleurs sur des titres honorifiques. C’est le cas de Castelmezzano, lieu atypique coincé entre les pics rocheux, qui arrive à attirer des touristes grâce à son classement comme l’un des plus beaux villages d’Italie. Le tourisme de terroir tourné autour d’une gastronomie spécifique de la région pourrait également permettre de maintenir un attrait pour la région. Mais le tourisme ne suffit pas à soigner tous les maux de ces territoires ! Car si la région ne peut s’appuyer que sur cette activité largement saisonnière, elle restera parsemée de villages fantômes la majorité de l’année.

Le tourisme peut donc bien être un moyen de survie pour ces villages, mais il ne permet pas de garantir un retour de la population, comme le précise le professeur d’urbanisme Giuseppe Las Casas, de l’université de la Basilicate à Potenza. La survie de ces villages dépend d’une vision à long terme, d’un renouvellement des services et notamment des transports publics entre villages pour permettre de gérer conjointement les besoins des habitants. Car si ces villages sont magnifiques à visiter pour les touristes, il serait encore plus agréable et authentique de les voir habités.

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