Ces personnes ne se contentent pas d’attendre un miracle ; elles se mobilisent et passent à l’action.
C’est cette ambition que porte l’association Banlieue Climat, qui vise à impliquer les quartiers populaires dans le débat public sur les enjeux environnementaux. Si ces habitants sont les premiers concernés par la crise écologique, ils restent souvent démunis face aux institutions. Pourtant, selon une enquête de l’ANRU (2021), près de 78 % des habitants des quartiers populaires estiment prioritaire d’y développer la transition écologique pour améliorer leur cadre de vie. En même temps, un sondage de l’association Ghett’up montre que 70 % des jeunes de ces quartiers ne se sentent pas représentés dans les mobilisations climatiques. L’association porte également une attention forte aux publics particulièrement vulnérables tant sur le plan social que environnemental, notamment les femmes. Dans ces quartiers, certaines d’entre elles pratiquent des activités de nettoyage et travaillent par exemple avec des produits ménagers, qui, en plus d’entraîner des dégâts écologiques majeurs, portent atteinte à leur santé.
Cette situation est d’autant plus injuste que ces personnes font déjà des efforts individuels : « De par notre condition sociale, on a grandi avec la sobriété, on a toujours fait et vécu avec peu », explique Sanaa Saitouli, cofondatrice de Banlieue Climat. Ce qui leur manque, c’est l’action collective.
L’éducation étant primordiale avant toute action, l’association forme et envoie des jeunes, ainsi que des femmes souvent mères de famille, expliquer pourquoi ces enjeux les concernent au quotidien. L’objectif est qu’ils et elles puissent s’organiser à leur tour pour mener des actions et monter des initiatives. Parce que la protection des non-humains ne peut se penser sans justice sociale, Banlieue Climat, par l’émancipation des habitants des quartiers populaires, contribue à pallier les impacts du dérèglement climatique là où les vulnérabilités se croisent le plus fortement.
Pour aller plus loin, nous vous invitons à découvrir nos numéros dédiés à la question des jeunesses dans les quartiers populaires et à la question du genre.
Rédigé par Fanny Bézie



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