En regardant au-delà du biais visuel dans la planification urbaine, l’urbanisme sensoriel offre une analyse plus complète de la ville et permet de déceler le rôle identitaire des autres perceptions sensitives, telles que les odeurs, le touché ou le son. L’ensemble de nos facultés sensorielles sont sans arrêt sollicitées au cours de notre expérience urbaine et contribuent fortement à forger notre ressenti vis-à-vis de ce qui s’y dégage. 

David Howes, un chercheur qui a enquêté “sur la façon dont l’information non visuelle définit le caractère d’une ville et affecte son habitabilité”, énonce comment améliorer l’expérience sensorielle des villes de manière non visuelle. Ses recherches ont par exemple identifié des endroits où de la végétation pourrait être plantée pour atténuer le bruit de la circulation, ou encore là où des sculptures acoustiques, telles que le Wave Organ de Peter Richards, pourraient être construites pour amplifier le bruit apaisant des vagues. D’autres façons de jouer avec nos sens pour créer des ambiances et atmosphères.

Si l’Allemagne inclut déjà l’environnement sensoriel dans sa planification, notamment à Berlin grâce à une application gratuite qui permet aux citoyens d’identifier les zones calmes à respecter, en France le concept émerge également. À Rezé, un dispositif de science participative vient d’être testé pendant six mois auprès des citadins. 

Encore unique à cette échelle en France, le projet “Sonorezé” avait pour objectifs d’identifier les zones bruyantes et les zones calmes pour trouver collectivement des solutions concrètes de lutte contre les nuisances sonores. L’expérience, réalisée en partenariat avec l’Université Gustave Eiffel de Bouguenais, a permis à plusieurs dizaines d’habitants d’enregistrer les sons de leur commune pendant six mois grâce à une application mobile. Par la suite, cette collecte de données sonores aura servi de base de discussion entre habitants et élus pour aider à cartographier le territoire en fonction du son. Au-delà des relevés purement scientifiques, cela permet aussi de connaître les perceptions sonores quotidiennes des habitants et d’agir et planifier en conséquence.

Une autre manière d’approcher son environnement qui plaît d’ailleurs beaucoup aux rezéens puisque, s’ils n’étaient qu’une vingtaine au commencement de l’expérience, ils sont aujourd’hui plus de 130 à vouloir participer et expérimenter le dispositif. Un succès qui permettra peut-être au concept de se généraliser et de s’affirmer en tant que véritable outil de planification urbaine. Mais en attendant, fermez vos yeux, ouvrez grand vos oreilles et écoutez, vous découvrirez une autre facette de chez vous !

Photo de couverture : ©Getty

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