Vous est-il déjà arrivé d’avoir besoin d’être soigné, tout en ayant le sentiment de ne pas être réellement écouté ?
Car notre santé ne dépend pas seulement de notre médecin. Elle dépend aussi de notre environnement, de notre quotidien, des situations que nous traversons et de tout ce qui peut, à un moment donné, nous rendre plus vulnérables.
Et lorsque nous sommes malades ou fragilisés, les lieux dans lesquels nous sommes accueillis et soignés comptent eux aussi. Un lieu peut rassurer, apaiser, permettre de recréer de la confiance. Mais il peut aussi, à l’inverse, renforcer un sentiment d’isolement ou de malaise.
C’est précisément cette conviction qui traverse ce nouveau numéro de Lumières de la ville : prendre soin, ce n’est pas seulement traiter une maladie. C’est considérer une personne dans toute sa globalité, avec son histoire, ses fragilités, son environnement et les liens qui l’entourent.
Pour ce numéro, nous sommes allés à la rencontre de Sophie Rosso, fondatrice d’Yci Santé, qui défend une approche globale du soin et la nécessité de le rapprocher des habitants, notamment dans les quartiers populaires.
Nous avons également échangé avec Véronique Bathily et Lucie Da Costa Casals autour de La cité culturelle, un tiers-lieu implanté au sein d’un établissement public de santé mentale, où patients, soignants, artistes et habitants peuvent se rencontrer, créer et agir ensemble.
Les trois initiatives présentées dans les brèves de ce nouveau numéro prolongent cette réflexion.
La Maison Perchée montre qu’il est possible d’accompagner la santé mentale sans isoler les personnes de la ville et de la société.
Le Village Landais Alzheimer fait de l’architecture et du paysage les supports d’un cadre de vie familier et apaisant, proposant ainsi une autre manière d’aborder le soin, sans réduire les personnes à leur maladie ni désincarner celles et ceux qui en souffrent.
Quant au guide ISadOrA, il nous rappelle que notre santé dépend aussi de tout ce qui compose notre cadre de vie : le logement, les mobilités, les espaces verts, la qualité de l’air ou encore la cohésion sociale.
Toutes ces expériences nous rappellent finalement une chose essentielle : être soigné ne consiste pas seulement à recevoir un traitement.
C’est aussi être écouté, considéré, entouré. C’est pouvoir être accueilli dans un lieu où l’on se sent suffisamment en confiance pour aller mieux, particulièrement lorsque l’on traverse une période de fragilité.
Car soigner ne consiste pas seulement à agir sur des symptômes. Cela suppose aussi de regarder la personne dans son ensemble, de comprendre ce qu’elle vit, ce qui la fragilise, et les conditions dont elle a besoin pour retrouver une forme de bien-être.
Parfois, se sentir véritablement écouté et trouver sa place dans un lieu qui nous accueille, c’est déjà commencer à prendre soin.
Tout cela est à découvrir dans le nouveau numéro de Lumières de la ville : Quand les lieux prennent soin, vraiment.


