Ça fait l'actu !

Est-ce que le modèle campus inspire la ville ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 27 septembre 2019
C’est la rentrée, et avec elle, ce sont quelques 2 680 000 étudiants qui vont commencer ou poursuivre leur formation dans l’enseignement supérieur. De nos jours, l’université ne représente plus une simple école. De grands sites tels que Paris Saclay, Campus Descartes, Campus Condorcet, forment des polarités concentrant savoirs universitaires, entreprises innovantes, et habitat. Ces clusters innovants transforment des morceaux entiers de villes et cherchent à impulser de nouvelles innovations.
Comment ce modèle qui lie domaine de l’enseignement, entreprises et usagers divers, inspire-t-il les villes et ses lieux ? Quels ponts existe-t-il entre le Campus et la Ville ?

Point historique : l’évolution des universités en ville



Le terme “campus” désigne une multitude d’espaces. Nous pouvons naturellement penser aux campus américains, qui regroupent amphithéâtres, restaurants, équipements sportifs et logements étudiants. Dans certaines régions rurales des États-Unis, les campus représentent d’ailleurs de véritables pôles culturels, au sein desquels les étudiants peuvent aller au musée, assister à des spectacles ou participer aux presses universitaires. Ces grands sites universitaires deviennent ainsi de nouveaux territoires : des villes dans la ville.

Le modèle campus peut également s’éparpiller dans la ville, ou la région, au lieu de se concentrer sur un territoire spécifique. C’est notamment le cas en France et en Angleterre. Généralement, une grande université contient plusieurs campus spécialisés dans un domaine particulier. Par exemple, l’Université Polytechnique des Hauts-de-France regroupe 5 campus à Famars, Valenciennes, Cambrai, Arenberg et Maubeuge. 5 communes différentes pour faire rayonner nationalement, voire internationalement, les étudiants et enseignants de la région !

En plus de la dimension spatiale, le modèle campus définit également une mixité d’usages et de services. Le site universitaire n’est pas seulement un lieu d’études, mais il est aussi un lieu de résidence, de restauration, et même de divertissement.

Les premiers modèles de campus, au sens de lieux d’apprentissage et de mixité fonctionnelle, apparaissent en France dès le Moyen-Age. Au sein de l’Université de Paris, laquelle était à l’époque réservée aux étudiants masculins, le théologien Robert De Sorbon fonde en 1254 le collège de la Sorbonne. Ce dernier n’est pas seulement créé pour transmettre les savoirs théologiques, mais également pour loger celles et ceux qui n’en ont pas les moyens. Un établissement qui mêlait déjà l’université à l’habitat en plein centre de Paris.


La Sorbonne, Paris © Robin Benzrihem via Unsplash


Plus tard, la première ville française à construire le modèle de campus que nous développons aujourd’hui est Caen. Pensée par l’architecte Henri Bernard, et inspirée par l’exemple anglo-saxon, cette cité universitaire (campus 1) regroupe depuis les années 1950 des bâtiments d’études scientifiques et littéraires, des restaurants et également des résidences étudiantes, ainsi qu’un gymnase, une piscine et deux bibliothèques.

Depuis, plusieurs phases de modernisation et de législation se sont succédées pour construire les universités d’aujourd’hui et de demain. Les événements de mai 68 créent de nouvelles dynamiques et modifient le statut de certaines universités. La loi relative aux libertés et responsabilités des universités de 2007 conduit peu à peu les établissements à l’autonomie financière. Enfin, le Plan Campus, mis en place en 2008, entreprend l’émergence de grands pôles d’apprentissage d’excellence.

Un nouveau modèle qui répond à une nouvelle demande



Toutes ces évolutions permettent de répondre aux nombreux enjeux urbains que représente l’université. Elles accompagnent notamment la croissance du nombre d’étudiants, et surtout le changement de mentalité de ces derniers.

Pour lire la suite, rendez-vous ici !

Les commentaires sont fermés.