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Aménagements et numérique pour accroître l’espérance de vie des plus vulnérables

Brève
La Rédaction , le 29 novembre 2018
Les populations les plus fragiles comme les personnes en situation de handicap, les personnes à mobilité réduite ou les personnes âgées, bénéficient souvent moins de suivi pour leur santé alors même qu’elles en ont le plus besoin. Certains services présents en ville peuvent pallier ce constat contradictoire et répondre à leurs besoins spécifiques.
Les écarts de l’espérance de vie entre les niveaux de vie sont criants. D’après un article de La Tribune, en France, “les hommes les plus aisés vivent en moyenne 13 ans de plus que les hommes les plus modestes”. Or souvent, les plus vulnérables, comme les personnes en situation de handicap et/ou les personnes à mobilité réduite font partie de la tranche la plus précaire de la population, alors qu’ils ont, naturellement, le plus besoin de moyens pour assurer leurs soins, leurs suivis médicaux, et pour surmonter leurs difficultés du quotidien. Par exemple, les personnes atteintes de troubles mentaux ont une espérance de vie réduite de 10 à 25 ans par rapport au reste de la population. La première cause de cette faible espérance de vie ? Les maladies cardiovasculaires qui correspondent à 27,3% des causes de mortalité, et qui pourraient être évitées par une meilleure hygiène de vie et plus de soins. Plus généralement, les personnes handicapées subissent un manque de prévention pour prévenir les maladies dites “classiques”, qui touchent toutes les catégories de la population. Sans compter les risques de chutes pour les personnes à mobilité réduite et/ou âgées dans un environnement urbain parfois peu accueillant.

Ayant moins de ressources, peu d’aides et leur capacité de mobilisation pour faire entendre leurs voix étant limitée, quelles mesures peuvent permettre à ces personnes fragiles de faire face aux difficultés du quotidien ? Et comment les surmonter ?

Le développement du numérique permet déjà de faciliter de nombreuses tâches du quotidien, notamment celles qui consistent à pratiquer la ville. Encore faut-il les connaître. Ainsi, des applications facilitant les déplacements en ville sont entrain de voir le jour. L’application Street Co App mobilise l’intelligence collective à travers son application GPS collaborative pour piétons, au service des habitants à mobilité réduite. Ainsi, l’application signale les obstacles comme les zones de travaux ou un trottoir impraticable, pour se déplacer plus facilement dans la ville. De même, l’application plus spécifique N Vibe, prévue pour 2019, a été conçue pour les malvoyants. Elle utilise la position GPS, associée à des bracelets qui vibrent lorsque l’usager doit tourner. Une technologie astucieuse qui permet de laisser son smartphone dans son sac.



Capture d’écran de l’application ©Street Co

La ville peut aussi contribuer à soulager la vie quotidienne, au jour le jour, des personnes les plus fragiles. En dehors des innovations numériques, elle peut mettre en place des aménagements de sorte à ce que la ville devienne plus accueillante. La stratégie parisienne “handicap, inclusions et accessibilité universelle 2021” défini sur 5 ans les actions choisis par la collectivité parisienne vis-à-vis des citoyens en situation de handicap. Parmi ses 9 engagements, elle s’engage à rendre la ville plus accessible. Pour cela, elle veut améliorer l’accès à l’information, rendre les espaces publics et les bâtiments publics accessibles, mais aussi les activités sportives et culturelles, et bien sûr, favoriser la citoyenneté pour prendre en compte leur voix. De même, elle veut renforcer ses dispositifs pour identifier les personnes atteintes de maladie et développer l’accompagnement pour aller vers plus d’autonomie comme l’emploi et l’accès à un logement individuel. Enfin, elle prévoit de renforcer l’offre médico-sociale.

Des mesures et des aménagements constants sont en cours et l’accompagnement proposé participe à répondre aux négligences de prévention concernant les maladies “courantes” des personnes en situation de handicap causées par le mode de vie lié à l’alimentation, la sédentarité, la cigarette ou l’alcool. Ces accompagnements pourraient être encore renforcés par davantage d’inclusion dans la communauté, où les autres habitants pourraient les guider et/ou les aider à aller vers un mode de vie plus sain. Ce qui questionne le rôle de la ville à fédérer les citoyens pour plus de solidarité envers les individus les plus vulnérables. C'est peut-être l'occasion de mettre en place davantage d'espaces communautaires à disposition comme les appartements inter-générationels mis en place par l'association Le Pari solidaire Le Pari d'Annette vous plongera dans le quotidien de l'une de ces habitations :



Photo de couverture : Ferobanjo via pixabay

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_ Débat

Entre difficulté d’accès au logement, baisse de l’accessibilité au soin, inactivité et isolement, il semblerait que les grandes villes ne parviennent pas toujours à réduire ces difficultés pour leurs citadins. Or, celles-ci affectent leur état de santé. Ces lacunes se reflètent ainsi par une baisse récente de l’espérance de vie dans les pays développés. La ville a-t-elle son rôle à jouer sur ces tendances ?

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