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La cohabitation est-elle l’avenir de l’architecture ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 12 novembre 2018
En 2016 a été inaugurée à Londres la « plus grande colocation du monde ». The Collective compte 546 chambres, des espaces de co-working (= cotravail), des cafés et restaurants, des espaces de sport et de loisirs, une laverie, ainsi qu’une bibliothèque. Un tel lieu suggère un nouveau concept d’habitation en ville, le co-living qui offre un espace de vie où prévalent les principes de communauté et la convivialité entre voisins.

Du co-working au co-living : concepts d’une nouvelle génération

Même si ce concept de colocation londonien a été le premier, ce n’est pas le seul qui ait vu le jour. En effet, de nouvelles formes de cohabitation apparaissent ces dernières années dans le monde entier. Phénomène répandu depuis la fin du 19èmeet début du 20ème siècle, ce mode d’habiter qui a pris un essor avec les mouvements “hippies” des années 60 est devenu un véritable concept dans les années 1980, d’abord dans les pays anglo-saxons, puis petit à petit en Europe.

Au début des années 1970, alors qu’on assiste à l’arrêt de la construction de grands ensembles et à l’essor de la maison individuelle, la pénurie de logements étudiants s’accentue malgré le développement de cités universitaires. Or, cette époque connaît  une démocratisation de l’enseignement supérieur, ce qui amène les étudiants à opter pour ce modèle importé et la colocation se propose donc comme une solution.

Celle-ci reprend différents modèles de logements communautaires : elle abrite habituellement deux à cinq personnes mais peut s’élargir jusqu’à l’occupation d’un immeuble entier. Par défaut d’offre, les colocataires logent pendant longtemps majoritairement des habitations aux typologies classiques, non destinées à ces fins et ce n’est que ces dernières années que le modèle de la colocation entre véritablement dans la conception architecturale.

Ainsi, en France, c’est suite à la crise immobilière consécutive à la crise des subprimes que l’architecte Bruno Thomine-Desmazures réfléchit en 2015 au premier concept d’immeuble entièrement adapté à la colocation. Il imagine alors un lieu à plusieurs chambres dont chacune dispose d’une salle de bain individuelle et qui comporte une grande pièce commune avec une cuisine partagée. Pour le développement de cet habitat, l’accent est mis sur l’aménagement des espaces collectifs, mais aussi sur la préservation des espaces d’intimité, d’où l’importance notamment des salles de bains individuelles.

Cohabiter au 21ème siècle. Quel intérêt ?



Contrairement aux aprioris, l’actualité de la cohabitation ne s’explique pas uniquement par des raisons financières : des facteurs sociaux comme le déclin du modèle de la famille nucléaire et l’émergence de nouvelles formes de travail la rendent de plus en plus attractive. Les concepts nouveaux se caractérisent par le mélange de générations, et se distinguent ainsi clairement des modèles de colocation traditionnelle, jusqu’alors majoritairement occupée par des étudiants. Elle n’est désormais plus envisagée comme habitat temporaire, mais comme une solution où jeunes et vieux apprennent à vivre ensemble, en respect et solidarité, pour un logement commun à long terme.

S’y ajoute la numérisation, qui offre la possibilité de travailler depuis chez soi et qui intensifie l’importance qu’ont les sociabilités au sein de l’habitat. En effet, faute d’un bureau partagé avec les collègues, ces personnes qui pratiquent le home office (= c’est-à-dire qu’elles travaillent depuis chez elles) sont poussées à nouer des contacts ailleurs.


Espace de travail partagé de The Collective Old Oak à Londres ©The Collective (thecollective.com)

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En image d'en-tête : Contrairement aux apparences, The Collective Old Oak à Londres n’est pas une auberge de jeunesse mais une colocation géante ©The Collective (thecollective.com)

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