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Demain, quelle place en ville pour nos défunts ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 27 novembre 2019
En s’étalant, la ville a petit à petit fini par intégrer les cimetières, qui font désormais partie du paysage urbain. Ces derniers doivent alors changer de formes, s’adapter pour rester au cœur des villes, car la place qui leur est attribuée diminue de plus en plus. Mais est-ce suffisant ? Dans un contexte où la pression urbaine est toujours plus forte, nos défunts auront-ils encore demain une place en ville ?

Les rites funéraires changent peu mais la ville, elle, évolue



De nombreuses cultures à travers le monde enterrent leurs morts. En occident, à l’Antiquité, des nécropoles furent construites le long des routes menant aux cités. Mais ce n’est qu’au Moyen-Âge que l’on commença à enterrer nos morts au milieu des espaces habités, au plus proche des lieux de cultes (les églises et les monastères). Ces premières formes de cimetières sont plutôt assimilées à des espaces publics, où chacun est libre de se promener, de commercer, et ils se révèlent même être de véritables lieux communautaires.

Au XVIIIème siècle, l’hygiène devient une préoccupation et repousse les espaces mortuaires aux frontières urbaines. À cette époque, les mondes des vivants et des morts ne doivent plus cohabiter. Réglementés pour contenir au maximum les risques d’épidémie, les cimetières sont alors clôturés et repoussés en dehors des villes.

C’est donc à cette époque qu’apparaissent les premiers grands cimetières que l’on connaît aujourd’hui. Ainsi, à Paris au début du XIXème siècle, 4 grands cimetières sont construits : celui de Montparnasse, du Père Lachaise, de Passy et de Montmartre, autrefois en périphérie de la ville centre. Ces grands cimetières sont désormais inscrits dans le paysage urbain, les frontières de la ville ayant depuis englobé ces espaces.

Bien souvent inclus dans les dernières zones non bâties de nos espaces urbains, les cimetières souffrent donc aussi de la pression foncière que connaissent la majorité des territoires urbains : les places disponibles se font de plus en plus rares et chères. Par exemple à Hong-Kong, une place dans un cimetière coûte en moyenne 110 000 euros. Enterrer les morts en ville semble donc devenir de plus en plus complexe. Mais alors, la ville pourra-t-elle continuer d’accueillir nos défunts ? Quelles formes prendront les cimetières de demain ? Les pratiques funéraires sont-elles en train d’évoluer ?

“On m’enterrera sous l’eau”



Il semblerait que le cimetière classique ne fasse plus rêver. D’abord, parce que nos attachements aux lieux s’estompent : traditionnellement au moment de la mort, les personnes sont enterrées dans une ville symboliquement chargée pour elles, celle où les défunts ont vécu la plupart de leur vie, ou encore là où vit leur famille. Or, nous ne vivons aujourd’hui que rarement toute notre vie au même endroit, nos modes de vie sont de plus en plus mobiles et nos liens sensibles avec l’espace diminuent.

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