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L’informel en ville est-il à bannir ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 12 juin 2019
11 Juin 2019 Caractéristique des villes du Sud, l’informalité est pour autant loin d’être une pratique exclue des villes du Nord. Des reventes de paquets de cigarettes à la sauvette, aux marrons chauds à la sortie des métros, passant par les squats d’immeubles et la pratique répandue du street-art, quels sont les visages de l’informalité en ville ? À qui sert-elle ? Et comment transforme-t-elle nos villes ?
Hors-la-loi, l’informel urbain semble déranger et troubler l’ordre établi des villes du Nord. Souvent synonyme d’illégalité et source de tensions entre les usagers de la ville, on tente souvent de la cacher, voire de la masquer. Pourtant, avec l’arrivée de populations aux modes de vie informels et précaires, ces pratiques sont aujourd’hui inscrites dans les paysages urbains de certains lieux tels que les places, sorties de métros, ou encore rues. Parfois moins visibles, l’informel se cache tout en s’insérant dans les espaces déjà bâtis, créant des lieux de revendication au droit au logement et aux pratiques artistiques alternatives.

Mais que raconte ce besoin de sortir des sentiers battus, de transgression des lois, de jeu avec la légalité que représente le développement de ces pratiques informelles de nos villes ? Quels impacts ont-elles sur nos espaces urbains ? Faut-il chercher à les bannir à tout prix ou au contraire, que pouvons nous en tirer ?

Une informalité au service des plus démunis



Chaque ville connaît son lot de pratiques commerciales informelles. La raison est souvent que ces dernières se sont majoritairement développées pour pallier les limites des espaces urbains qui se révélaient excluant pour une partie de leur population. Le prix des loyers, le coût de la vie et l’incapacité à offrir un travail aux personnes sans papiers ou sans domicile, poussent une partie des habitants à devoir imaginer des systèmes informels pour survivre. On sort alors du cadre de la loi pour s’accrocher à un espace urbain difficile, la personne concernée était dans l’impossibilité de respecter le cadre légal et formel. Que ce soit pour gagner sa vie ou alors pour réduire ses coûts de dépenses, la vente à la sauvette, pratique interdite en France, s’impose ainsi pour certains.

Souvent positionnés dans les quartiers très touristiques ou populaires, les vendeurs à la sauvette proposent tout type de denrées : des tours eiffels porte-clés, aux fruits et légumes, cigarettes et objets de contrefaçons. Leur installation stratégique dans l’espace public révèle une ultra-connaissance des lieux et une bonne maîtrise des espaces de flux.

De plus, afin de pouvoir se dérober des forces de publics lors de potentiels contrôles, les vendeurs à la sauvette se positionnent dans l’espace public de manière réfléchie, de manière à rester également visibles par la clientèle ciblée. Des endroits aux caractéristiques particulières sont alors visés à proximité de cachettes urbaines pour leur marchandise, endroit où il est possible d’observer l’arrivée de forces de l’ordre en amont et de portes de sorties facilement accessibles.

Un vendeur de tours Eiffel au Jardin des Tuileries à Paris ©Unsplash

Le regroupement concentré de vendeurs dans certains espaces, parfois contraints, peut alors créer de véritables marchés informels. Ainsi, à Barbès ou La Chapelle (Paris 18), ou encore à la Guillotière (Lyon 7), l’activité de vente informelle y est continue tout au long de la journée, malgré la présence des forces de police tournant dans ces quartiers. Cette occupation des espaces publics transforme ces derniers et les zones de passages deviennent le temps d’un moment et de manière éphémère des lieux d’arrêt et d’échange entre vendeurs et clients. La présence du commerce informel remplit l’espace et l’anime, à l’instar d’un marché institutionnalisé…

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