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Encourager les mobilités électriques pour une société plus collaborative !

Billet
EDF Collectivités , le 10 octobre 2017
Aujourd’hui, notre société fait face à de nouveaux enjeux environnementaux, économiques et sociétaux qui contribuent à l’évolution de nos comportements collectifs. Au cours des dernières décennies, nos formes urbaines, nos aménagements, nos comportements et notre quotidien ont été en partie influencés par notre mobilité. Plus pratique, plus rapide et plus individualiste, la reine voiture a révolutionné nos espaces temps. La ville et ses activités s’étalent.
Aujourd’hui, les cartes sont redistribuées. Les paramètres démographiques et environnementaux nous poussent à repenser cet ensemble en innovant. Dans un premier temps, nos zones urbaines se densifient face à une population urbaine de plus en plus importante. Dans un second temps, notre consommation énergétique, notamment celle liée à notre mobilité, doit changer. En effet, la mobilité concerne 32% de la consommation énergétique finale en France, soit 36% de nos émissions de CO2.(Source ADEME 2013)

Pour mieux vivre ensemble en ville, nous devons penser le changement de nos formes urbaines, nos aménagements, nos comportements et notre quotidien pour une “ville intelligente”. Aujourd’hui, l’électricité s’impose comme l’un des premiers vecteurs de notre transition écologique urbaine.

Penser et innover dans une mobilité électrique, c’est produire moins de particules polluantes, moins de bruit pour plus de confort sur l’ensemble de nos territoires. D’ici 2020, les pouvoirs publics estiment que plus de 350.000 véhicules électriques seront en circulation sur le territoire français contre les 100.000 immatriculations actuelles. Pour répondre à cet objectif, nous devons dès aujourd’hui penser les infrastructures correspondantes.

Depuis 2015, le gouvernement a activé le levier réglementaire en ce sens. La loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) redonne depuis un pouvoir d’action aux collectivités dans un cadre réglementaire incitatif et mobilisateur. Dès lors, les parcs automobiles des collectivités territoriales, lorsqu’ils comptent plus de 20 véhicules, doivent intégrer au moins 20% de véhicules à faibles émissions pour les véhicules légers et devra intégrer 50 % de véhicules à faibles émissions à partir de 2020 pour le transport collectif. Une contrainte qui sera appliquée à la RATP dès 2018.

La loi permet également la création de zones de circulation restreinte et incite les collectivités à mener ou à poursuivre des plans de déploiement de points de charge pour véhicules électriques et de parkings vélos, le tout en veillant à privilégier l’usage des sources d’énergie les moins polluantes.

En France, mais aussi en Europe, des solutions émergent dans le secteur public mais aussi dans le privé, au niveau des entreprises comme des citoyens, dans le but d'enraciner cette transition au coeur de nos modes de vie. Une révolution est en route, celle des mobilités électriques, nous avons souhaité en savoir plus. Voici un tour d’horizon de ses premières expressions.


Une autonomie des véhicules de plus en plus importante !

Pour que la mobilité électrique s’impose, elle doit donner les bons outils à ses utilisateurs. La technologie et l’innovation doivent permettre à ce nouveau mode de fonctionnement de s’adapter à certaines contraintes de notre réalité quotidienne. L’autonomie de ces véhicules, par exemple a longtemps été un frein au développement de la voiture électrique.

Pour avancer vers l’avenir, des technologies métal-air sont actuellement développées par la R&D EDF pour permettre une meilleure autonomie de ces batteries pour un coût inférieur à ce qui existe sur le marché actuel !

Dans d’autres pays, comme en Israël, d’autres solutions sont développées. A Tel-Aviv, la start-up Electroad, a mis au point un système de rechargement des véhicules électriques par induction. Des bandes électromagnétiques, disposées sur la route ainsi que sur les véhicules, permet le rechargement des batteries en même temps que ceux-ci se déplacent.


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Les services publics se mettent à la page !

Si la transition est en marche, l’exemple doit être montré par le collectif. Avant même d’y être obligés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, les services de transport en commun au sein des collectivités se sont mis à l’électrique. A Bonifacio par exemple, un minibus 100% électrique a été mis en place par B.E. Green dans le cadre d’un plan communal de développement durable tourné vers la mobilité propre et la valorisation patrimoniale. L’année dernière, la société française Navya lançait les premiers minibus autonomes sur le réseau de transport lyonnais, Keolis. Une initiative qui avait largement été supportée par la Métropole lyonnaise.

Si ces deux expériences ont, semble-t-il remporté un large succès, il ne faut pas oublier qu’une logistique spécifique doit être mise en place. Par exemple, la conception de bornes de charge doit être pensée pour permettre le rechargement des véhicules. Comment produire l’électricité liée à ces bornes de charge ?

A Londres, pour répondre au manque d’infrastructures de recharge, la société berlinoise Ubitricity propose des systèmes de charge qui s’installent sur les lampadaires et utilisent le même réseau de distribution électrique. Le simple ajout d’une prise sur le lampadaire suffit à offrir une borne de charge aux utilisateurs. Une solution qui permet aux services publics d’ajuster leur ambition à leur budget. Seule ombre au tableau, ces bornes doivent fournir une quantité importante d’énergie.

En France, le programme Ombriwatt, réalisé par EDF ENR, SODETREL et PHOTOWATT, filiales d’EDF, a voulu permettre, notamment aux collectivités, de pousser l’économie plus loin. En pensant le circuit de charge comme autonome. Chacune des 10.000 bornes déployées sur le réseau public français est équipée de préaux photovoltaïques. Grâce à l’énergie solaire produite, ce système de mobilité électrique permet d’évoluer en autoproduction et autoconsommation.


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Des innovations que toutes les collectivités ne maîtrisent pas encore. En effet, la France accuse un retard important dans ce domaine par rapport aux autres pays européens. Pour palier cela, EDF Collectivités et le réseau IDEAL Connaissance organisent le 27 septembre prochain une web conférence autour de la mise en place de ligne de bus à motorisation propre sur un territoire. Une rencontre qui permettra d’offrir un large panorama des innovations en cours et de présenter le riche panel d’options qui s’offre aux collectivités ou aux gestionnaires de réseaux de transport collectif en charge du développement des flottes de bus à motorisation propre.


Un réseau quadrillé et un changement de pratiques

Il est vrai que le déplacement électrique induit une certaine forme de dépendance quant  à la recharge des batteries. Les bornes de recharge sont aux voitures électriques ce que les stations-services sont aux voitures traditionnelles. Le parc de “distribution de carburant” doit donc être repensé et complété.

Une ambition à laquelle nombre de pays tentent de répondre. D’ici 2020, l’Allemagne souhaite implanter 1.000 bornes de recharge sur l’ensemble de son territoire. (Source :http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=7033 )

En France, le premier objectif a déjà été rempli avec le projet Corri-Door, déployé et exploité par SODETREL, filiale d’EDF, en partenariat avec EDF, RENAULT, NISSAN, BMW, VW ainsi que l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. 200 bornes de recharge ont été implantées sur les axes autoroutiers. Ce réseau met une borne à disposition des automobilistes tous les 80 kilomètres environ. Si “faire le plein” vous prendra maintenant une vingtaine de minutes, cela vous permettra également de vous accorder une pause, de discuter avec votre voisin ou de vous adonner à une des nombreuses activités aujourd'hui proposées sur les aires de repos.

Le réseau Corri-Door est un bel exemple de réussite. Il est cofinancé par la Commission européenne. “Dans le cadre de ce projet, 200 bornes de recharge rapide ont été installées sur les grands axes autoroutiers français, à raison d'une tous les 80 km.” explique Isabel Montelescaut, Responsable du Département Mobilité électrique chez EDF.

Cet aperçu des nouvelles pratiques liées à notre changement de mobilités montre que la transition naît d’un effort du collectif. Pouvoirs publics, technologies innovantes comme utilisateurs se rassemblent autour d’un changement de comportements. Penser aujourd’hui qu’une pause d’une vingtaine de minutes est nécessaire pour recharger les batteries, nous pousse peut-être à une forme de bien-être dans un nouveau rapport au temps. Pour les plus pressés, patience, les routes à induction sont à l’étude ! En attendant, vous pourrez recharger les batteries de votre véhicule pendant votre réunion, ou votre rendez-vous chez le coiffeur !

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