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Retour vers le passé : quand les villes rebâtissent leur centre-ville perdu

Billet
LDV Studio Urbain , le 05 août 2019
Après la Seconde guerre mondiale, l’Europe se réveille avec un bilan douloureux. Le premier choc est bien sûr celui du nombre inégalé de pertes humaines. Mais un autre traumatisme plane, celui des villes européennes partiellement ou complètement détruites. De nombreux centres urbains n’ont pas été épargnés, et les bombardements aériens ont laissé des traces, des trous béants au cœur des villes. Cette situation est inédite. Jamais l’Europe n’avait affronté de tels dégâts urbains : ce ne sont pas quelques monuments détruits, mais bel et bien des parties entières de nos villes voire même des villes toutes entières.
Face à cela, deux possibilités. Certaines villes ont fait le choix de faire table rase du passé pour bâtir des espaces urbains plus modernes, plus adaptés aux besoins d’après-guerre, comme ce fut notamment le cas pour le Havre. D’autres se sont efforcées de reconstruire à l’identique leurs bâtiments perdus, à l’image de Dresde en Allemagne ou Gdansk en Pologne.

Mais qu’est-ce qui a donc orienté ces décisions ? Comment ces villes ont-elles conjugué passé, présent et futur ? Alors que Francfort-le-Main fait aujourd’hui renaître sa vieille ville, après plusieurs années d’élan de modernité au moment de sa reconstruction d’après-guerre, que disent plus largement ces projets de “retours vers le passé” pour nos villes du futur ?

Reconstruire à l’identique ou faire table rase : des choix pas toujours si tranchés



Les destructions engendrées par la Seconde Guerre Mondiale laissent des milliers de français sans toit, si bien qu’il s’agit à la Libération de reloger le plus rapidement possible, le plus de monde possible. En 1950, la priorité est donc de produire des logements. Cependant, la reconstruction donne la possibilité de développer différents styles architecturaux, à l’image du Havre de Perret. Tout de même, malgré un modernisme certain, il s’agit de manière générale d’une architecture avec peu d’audace, qui ne rompt pas totalement avec certains fondamentaux architecturaux appréciés de tous. Durant cette période, on constate alors que la plupart des autres villes normandes, sauf exceptions, verront divers styles architecturaux s’établir et cohabiter.

Ainsi, naît alors un paradoxe : les villes reconstruites ont dû allier passé et avenir, avec des changements souvent brutaux des paysages urbains, où cohabitent soudain des styles architecturaux très divers. Une contradiction qui s’est aussi confrontée au temps du deuil et à l’urgence de reconstruire, sans forcément prendre le temps de penser cet équilibre nécessaire entre passé et présent. Concrètement, faut-il s’affranchir des tracés de rues originels ou encore de l’architecture préexistante ? De l’échelle d’un quartier ou d’une ville, s’est alors posée la question de tirer le meilleur de la modernité, en intégrant les innovations les plus récentes, tout en préservant une identité et une mémoire du passé.

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Photo de couverture : Le centre-ville de Dresde fait cohabiter les architectures. ©@tbshg via Unsplash

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