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Vers des villes zéro gaspillage alimentaire ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 18 juin 2019
Des frigos solidaires aux start-up et applications spécialisées dans l’anti-gaspi, les villes se transforment pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Derrière ces démarches écologiques, des initiatives comme les disco-soupes permettent de créer du lien social et donnent la possibilité à tous de pouvoir manger à sa faim.

Alors qu’un tiers de la production alimentaire mondiale est gaspillé, comment faire en sorte que ce type de démarches se développe ? En quoi les villes peuvent-elles être des moteurs sur cette question ?
On estime à 1,3 milliard de tonnes le poids des aliments gaspillés chaque année dans le monde, soit 41,2 tonnes jetées chaque seconde. Des chiffres impressionnants qui révèlent un problème d’ampleur mondiale. Mauvaise gestion alimentaire et augmentation des déchets ménagers, le gaspillage alimentaire intervient dans l’ensemble des phases de production, distribution et consommation. Le phénomène est d’autant plus fort dans les espaces urbanisés, où la concentration de point de vente et l’abondance des denrées est malheureusement source de gaspillage. La réduction du gaspillage alimentaire répond à un triple enjeux : le premier est environnemental (le gaspillage alimentaire est une source importante d’émission de gaz à effet de serre), le deuxième est économique (on estime son coût entre 12 et 20 milliards d’euros par an en France) et le troisième est éthique et social (certaines régions de la planète souffrent de graves crises alimentaires).

Mais alors comment lutter contre le gaspillage alimentaire dans des villes où la sur-consommation semble de mise ? Comment certaines initiatives habitantes et professionnelles participent à la sensibilisation du grand public sur cet enjeu ? Et finalement, peut-on tendre vers des villes zéro déchet alimentaire à grande échelle ?

Un français gaspille en moyenne 1 repas par semaine



Selon une étude menée par l’Ademe, la FAO et la Commission européenne, ce sont 10 millions de tonnes de nourriture consommables qui sont jetées chaque année. Un français gâcherait donc en moyenne 29 kg par an à son domicile, soit environ 108 euros qui partent en fumée. Pourtant cette part ne représente que 30% du gaspillage alimentaire. Plus surprenant, le gâchis alimentaire produit par la mauvaise gestion des stocks en supermarché ne représente que 14 % du gaspillage total. Mais alors, quand est-ce que l’on gaspille le plus ? Il semblerait que la production et la transformation des aliments causeraient 55% du gaspillage alimentaire. Sur l’ensemble de la filière alimentaire, ce sont en tout 155 kg de denrées consommables qui sont perdues, par français et par an, ce qui représente tout de même environ 240 euros par personne !

Plus alarmant, on estime que 20% du gaspillage alimentaire en France est dû à une mauvaise interprétation de la date de péremption du produit. De quoi nous questionner sur les normes alimentaires actuellement en vigueur et notre capacité à les comprendre. La législation française a récemment pris conscience du besoin de lutter contre ce phénomène. C’est ainsi qu’en 2016 une loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire est promulguée. Deux mesures sont alors établies. D’abord, tous les supermarchés de plus de 400 m2 sont obligés de créer un partenariat avec une association d’aide alimentaire pour faire don de ses invendus consommables. Ensuite, ces derniers sont également sanctionnables de 3 750 euros d’amende s’ils rendent impropres à la consommation des invendus, une pratique qui s’était malheureusement répandue pour empêcher toute personne de les récupérer. Un bon début donc pour lutter contre les travers de certains supermarchés.

De l’engagement individuel au collectif



Pour autant, une question se pose. Peut-on réellement vivre sans produire de déchet alimentaire ? C’est le pari fait par de nombreux citoyens qui adoptent un mode de vie zéro déchet, incluant la lutte contre le gaspillage alimentaire. En intégrant quelques habitudes, des familles arrivent ainsi à réduire drastiquement leurs déchets alimentaires. De nombreuses recettes existent pour cuisiner nos restes ou déchets organique et, le bac de compost ou lombricomposteur chez soi permet de transformer les déchets alimentaires en engrais pour les plantes, et plus simplement, adopter une bonne gestion de conservation des aliments en temps et en heure. Un mode de vie qui séduit de plus en plus de citoyens car il permet à la fois, sans trop de contraintes, d’adopter des pratiques respectueuses de l’environnement et de faire des économies.

Lors de ses interventions, BelleBouffe apprend, entre autre, aux plus petits à cuisiner des plats de qualité à partir d’invendus © BelleBouffe


On observe donc l’émergence d’initiatives collectives en ville qui tendent à questionner nos modes de consommations et le gaspillage qui en découle. Pour autant, il s’invente tout de même en ville, de nombreux dispositifs permettant de sensibiliser le grand public à cette problématique. C’est le cas de Disco soupe, créé en 2012, qui se présente comme “un mouvement solidaire et festif qui s’approprie l’espace public et le rebut alimentaire pour sensibiliser au gaspillage alimentaire”. Ses membres organisent dans de nombreuses villes françaises des événements conviviaux où des bénévoles cuisinent des légumes et fruits invendus, pour proposer des repas gratuits en musique ! Une initiative bénévole qui permet à la fois d’aider les plus nécessiteux, mais également de sensibiliser aux pratiques alimentaires respectueuses et sans gaspillage. Preuve que les invendus peuvent être servis lors de repas festifs !

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Image de couverture : Lutter contre le gaspillage alimentaire pour une ville plus durable – source : Unsplash

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