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L’architecture de crise #1 : Face à la menace de l’eau, l’habitat revisité

Billet
LDV Studio Urbain , le 26 janvier 2016
Dans un monde de plus en plus changeant et dans un environnement urbain soumis à de nombreux bouleversements, nous lançons une série d’articles sur l’architecture de crises. Aujourd’hui, le premier article de la série, à propos de la résilience face à la menace de l’eau.
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Image tirée du film Les bêtes du sud Sauvage
  Des paysages sinistrés, des débris éparpillés, le tableau vivant du Radeau de la Méduse de Géricault, des scènes montrant la capacité de résistance des damnés de la terre… voilà ce que le film « Les bêtes du sud sauvage » nous donne à voir. Le réalisateur new-yorkais Benh Zeitlin, choqué par le cataclysme écologique et social provoqué par la tempête Katrina en Louisiane, rend hommage à cette terre outragée et condamnée qui pousse la population à investir le « Bayou ». Vision apocalyptique inspirée de faits réels ou film d’anticipation, cette œuvre témoigne d’une préoccupation contemporaine : comment cohabiter avec l’eau ?   Le réchauffement climatique et la fonte des glaciers entraînent depuis quelques décennies une montée des eaux 5 fois plus rapide que durant les derniers millénaires. Pour endiguer ce phénomène, les architectes, qui semblent parfois avoir délaissé leur mission première au profit de la forme, se remettent à penser des projets habitables dans un souci de protection face à un environnement hostile.  

Les digues de Moïse

  Cette épée de Damoclès suspendue au dessus de nos têtes agite bien des esprits : Comment sauver Venise ? Paul Valéry l’avait prédit il y a déjà un siècle : « Venise va donc se noyer. Peut-on imaginer plus belle mort pour cette ville ? »   D’après plusieurs études, la cité de Vivaldi figurerait en effet parmi les premières victimes du réchauffement climatique, tout comme New York, Singapour ou Tokyo. Depuis quelques décennies, l’alarme « acqua alta » se déclenche quand la marée dépasse les 80 centimètres, inondant la Piazza San Marco et les points les plus bas de la ville. Régulièrement, les habitants sortent leurs bottes. Ils ont appris à développer des micro-tactiques de résistance et ainsi, à maintenir leurs gestes quotidiens malgré un espace public devenu liquide. Dans cette cité où les portes d’entrée des maisons et palais surplombent les rues aquatiques, il suffirait d’une augmentation de 2m du niveau de la mer Adriatique pour inonder la ville toute entière. Alors comment préserver cette cité classée au patrimoine mondial de l’UNESCO ?   Depuis l’Egypte ancienne, la construction de murs constitue l’arme la plus évidente contre les crues. En 2003, la mairie vénitienne a entamé la construction d’un projet de digues mobiles intitulé MOSE (acronyme de « MOdulo Sperimentale Elettromeccanico », « module expérimental électromécanique »), rappelant le nom du prophète Moïse, sauvé des eaux de la mer Rouge avec le peuple hébreu. Ces digues, fixées à des coffres en béton reposant sur le fond de la lagune sont vidées de leur eau par injection d’air comprimé en cas de prévision d’une marée supérieure à 110 cm. Les vannes pivotent alors pour se soulever jusqu’à émerger de l’eau. A la manière d’une écluse, elles isolent la lagune de la mer en assurant le maintien d’une différence de niveau de part et d’autre de leur ligne.   Cliquez ici pour lire la suite de l'article      

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