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Arts urbains

La Rédaction, le 04 décembre 2018

Une école de cinéma gratuite pour changer l’image des quartiers


Un collectif a ouvert une école de cinéma gratuite dans des quartiers défavorisés de la Seine-Saint-Denis pour donner aux habitants les mêmes chances d’accès à des études cinématographiques. Une initiative qui ouvre des portes sur un territoire où l’accès aux équipements n’est pas toujours facilité.

Une formation gratuite proposée par le collectif Kourtrajmé vient de voir le jour dans les Ateliers Médicis, entre Clichy et Montfermeil, deux villes qui font actuellement l’objet d’un des plus ambitieux programme de rénovation urbaine de France. L’objectif du maire de Clichy, Olivier Klein, est de créer un nouveau lieu de création et de formation.

Cette école réservée à minima deux places sur dix aux résidents des quartiers alentours. Accessible, la formation réduit le temps de trajet, souvent problématique pour les quartiers les plus enclavés. Maintenant, c’est l’inverse, le trajet d’une heure entre Paris et Clichy dissuade certains habitants venant d’ailleurs. Mais pour les habitants de Clichy et Montfermeil, se lancer dans le cinéma est un luxe et une chance qui ne se ratent pas. Ainsi, l’école cherche à accueillir des personnes en décrochage qui sont “sur-motivées” et n’ont jamais fait d'école de cinéma auparavant.

Une formation alternative en devenir qui revalorise un quartier en manque d’équipements

Les cours d’écriture, de réalisation et de montage, s’étendent sur trois mois et les programmes proposés, sont courts, en général, mais ils se justifient par leur intensité et le fort encadrement. Comme l’école 42 de Xavier Niel, qui forme de façon pédagogique les développeurs de demain, le collectif Kourtrajmé propose une formation intense par des professionnels du cinéma comme Romain Gravas, Kim Chapiron et JR, aux élèves les plus motivés.


Appel à candidature pour la première formation d'écriture ouverte par la nouvelle école de cinéma Kourtrajmé

Le cinéma est un art plus accessible, surtout pour la jeunesse, mais aussi pour les personnes en décrochage scolaire de ces quartiers qui parfois n’ont pas un accès facilité à de nombreuses activités culturelles, comme les monuments et les musées, concentrées dans d’autres territoires plus éloignés et centraux. Le cinéma, c’est aussi une formation symbolique qui appelle le rêve et l’espoir, des qualités d’autant plus importantes quand on vit dans des conditions difficiles et qu’il est difficile de se projeter ailleurs que dans son quartier.

Parmi la bande d’amis de l’industrie cinématographique, fondatrice du collectif et de l’école, Ladj Ly, aussi réalisateur du documentaire “A Voix Haute” est en quête de subventions pour développer une formation diplômante de 9 mois, mais aussi pour s’étendre, à terme, en créant d’autres écoles en Ile-de-France et en Afrique. A l’image de ses étudiants, lui aussi n’a pas fait un parcours classique et revendique une réussite autrement. Avec une caméra à la main et un bagage solide de connaissance, les étudiants peuvent faire leur expérience sur le terrain.

Ce projet offre une nouvelle opportunité en or pour les résidents issus de quartiers difficiles, en étoffant l’offre de formations cinématographiques. Une nouvelle lueur d’espoir quand on sait que la jeune école de cinéma “L’école de la Cité” de Luc Besson, qui existe depuis 2012 a connu des difficultés financières cette année, l’obligeant à annuler le concours de 2018 et à repousser la rentrée de nouveaux élèves à une date incertaine.  

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