Les nouveaux éboueurs pour le ramassage des déchets

La collecte des déchets est une compétence qui relève de la commune ou des intercommunalités. Depuis le mois de décembre dans quatre quartiers de Charleville-Mézières, Ardenne Métropole a mis en place un nouveau dispositif : le ramassage hippomobile des déchets. Au lieu du bruit du camion benne, dans les Ardennes, on préfère le bruit des fers à cheval sur le bitume.. Attelés à une calèche-container, Upsy et Axel paradent dans les rues, dociles bien que sollicités pour des arrêts fréquents. Et les habitants sont ravis ! 

Les nouveaux éboueurs sont d’ailleurs efficaces, puisqu’ils ne ralentissent en rien le rythme initial : un camion de poubelle va en moyenne à la vitesse de 5km/h, alors que les élégants tireurs de charette avoisinent les 6,5… 

L’objectif écologique 

On s’en doutera, le crottin de cheval est moins polluant que le carburant des camions automobiles. L’impact est avant tout écologique. Certes, une fois la tournée finie, c’est un camion qui prend le relais pour déposer tous les déchets récoltés jusqu’au centre de tri. Mais au-delà du véhicule, là où le système hippomobile de ramassage des déchets a un impact positif sur la planète est d’abord dans la sensibilisation des habitants. 

Ardenne Métropole répond ainsi à un objectif préci s: sensibiliser les carolomacériens (habitants de Charleville-Mézières), moins bons élèves que la moyenne en termes de tri de déchets. Si en France, 57 kilos de déchets sont triés par personne et par an, à Charleville-Mézières, on n’en est qu’à 40… Par ce retour à des systèmes anciens, les habitants sont interpellés et amusés. Ils s’approchent, questionnent, parlent avec les éboueurs et le tri devient alors l’affaire de tous. 

Selon France Bleu Ardennes, «des communes qui ont déjà adopté le ramassage des déchets hippomobile ont vu la collecte de tri sélectif s’accroître de 15 %». En incitant les habitants à différencier poubelles ménagères et tri sélectif, le maire de la ville explique qu’il espère faire des économies de 15 millions d’euros par an à l’échelle de l’agglomération, dans le coût de traitement des déchets.

Le retour des slow innovations 

La slow innovation a le vent en poupe. Elle consiste, en inversement proportionnel avec l’innovation rapide et mondialisée, à adopter des systèmes qui ne dépendent pas seulement de la technologie ou de la science, mais qui permettent de vivre mieux, plus simplement et plus doucement face au progrès perpétuel. La slow innovation participerait donc simplement au fait de consentir à remonter le temps pour retrouver des innovations désuètes mais peut-être bonnes. À Londres, on retrouve déjà le milkman, venant livrer et récolter son lait frais dans des bouteilles en verre, chaque matin. À quand le retour du livreur de journaux à vélo ? 

Photo de couverture : Dimhou sur Pixabay