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Le Concours Bas-Carbone d’EDF, une vitrine sur la ville de demain

Billet
EDF Collectivités , le 05 mars 2018
10 années après sa première édition, le concours Bas-Carbone a eu le temps d’évoluer au fur et à mesure que les enjeux urbains ont pris une autre dimension. Concours d’idées engagé pour la transition énergétique, le Concours Bas-Carbone d’EDF semble attirer tous les ans de plus en plus d’intéressés, qu’ils soient candidats, ou simplement habitants curieux. Parce qu’en effet, l’événement se médiatise et joue un rôle de vitrine pour tous les utilisateurs de la ville. Philippe Labro, Directeur des partenariats d’EDF Collectivités, nous éclaire davantage sur les ambitions du Concours, et sur son rôle pour la ville durable…
En quoi consiste le concours Bas Carbone EDF ?

Le Concours Bas Carbone est né il y a une dizaine d’années et dont l’’objectif principal était d’encourager et de promouvoir les fondamentaux de l’architecture à faible consommation de carbone. Nous avons donc lancé un appel à concours auprès des architectes pour que l’on puisse travailler avec eux sur la construction de bâtiments qui n’émettraient pas plus de 5 kg de CO2 par m² et par an (kgCO2/m²/an). Pour donner un ordre d’idée, l’architecture haussmannienne parisienne émet 30 à 40 kgCO2/m²/an ! Les projets d’architecture présentés lors du concours devaient donc être sobres tant dans leur conception que dans leur consommation énergétique.

À ses débuts, bien avant la COP21, le concours ne concernait que l’habitat individuel. Puis au fil des années, il a évolué vers les bâtiments de bureaux, le logement social... Et depuis deux ans il a même largement changé d’échelle : c’est maintenant celle de la ville et du quartier qui est étudiée. En 2016, nous avons travaillé à Lille en accord avec la métropole sur un morceau entier de ville. Il s’agissait alors d’une première expérience de partenariat avec une métropole et avec les services municipaux de l’urbanisme. Mais à cette échelle plus vaste, le but était toujours de viser une consommation nulle en CO2, ce qui a permis aux candidats de réfléchir non plus sur le bâtiment mais sur le système urbain plus global. Cela signifie qu’il était nécessaire d’y intégrer la mobilité, l’alimentation, et plein d’autres sujets complémentaires à la qualité énergétique des bâtiments.

La Fabrique de la Renaissance

Le dernier concours bas carbone a eu lieu à Bordeaux en 2017 en collaboration avec les services de la métropole. On a travaillé sur un quartier qui s’appelle la Jallère, à côté du grand stade. Cette fois-ci, l’objectif était plus ambitieux : les équipes avaient pour mission de présenter des projets totalement neutres en carbone. Il fallait atteindre ce que l’on appelle un quartier zéro carbone. Mais l’intérêt aussi du concours, c’est que l’on autorise les candidats à se libérer des règles d’urbanisme en vigueur, qui sont dans le PLU (Plan Local d’Urbanisme) par exemple. L’objectif est d’imaginer ce à quoi pourrait ressembler le quartier en 2050, ce qui signifie que l’on raisonne dans une démarche qui libère totalement la créativité puisqu’on ne sait pas comment auront évolué les réglementations.



Vous venez de le souligner, les projets concernent le quartier en 2050. Mais quelles sont les influences sur les enjeux actuels de la transition énergétique ?

L’émission de CO2 dans l’atmosphère participe directement au réchauffement climatique. L’objectif du concours Bas Carbone était donc de montrer les dynamiques et les volontés d’EDF pour lutter contre ces changements globaux, en orientant la société vers des modes de consommations plus responsables. La volonté d’EDF était ainsi de limiter la pollution atmosphérique par le biais de l’architecture et de l’urbanisme.

Et si nous demandons aux équipes de se projeter dans plusieurs dizaines d’années, cela ne nous empêche pas de réutiliser dès à présent les idées qui sont présentées. Le concours se présente en fait comme un laboratoire d’idées qui répond aux enjeux actuels... ça aide à changer nos façons de voir les choses, et ça aide aussi à avoir une approche un peu différente de l’aménagement qu’on a l’habitude de mettre en place.

Dans les projets qui sont inventés, tous les éléments pour lesquels nous pourrions réduire la consommation d’énergie sont analysés. C’est-à-dire que l’on peut présenter un projet d’économie circulaire par exemple. On peut également aborder la question de la réduction des déplacements… L’idée est vraiment d’intégrer le plus possible les projets dans une vision d’ensemble, à l’échelle du territoire. Ces projets représentent par ailleurs une véritable vitrine sur ce qui est possible en termes d’économies d’énergie. Cette vitrine, accessible à tous les citoyens, permet de récupérer des idées et d’aider le grand public à changer ses habitudes et ses usages au sein de la ville.

Y a t-il eu des projets, depuis la création du concours, qui ont particulièrement modifié les manières de faire, de concilier architecture et développement durable ?

Il y a plusieurs projets présentés lors du concours qui ont effectivement été construits depuis. Par exemple à Nantes, le premier immeuble à énergie positive a été construit suite à sa conception lors du concours bas carbone. Plusieurs projets sont sortis de terre de cette manière et ont permis d’impulser une vraie dynamique dans la filière énergétique et dans les usages de la ville. Cela prouve qu’il est tout à fait possible de repenser les concepts urbains autour du bas carbone et l’économie d’énergie. Concevoir le bas carbone, c’est concevoir l’urbanisme différemment. Les formes urbaines qui sont apparues sont innovantes et permettent de se projeter dans un avenir urbain qui est en train de se développer. Des résultats vraiment significatifs sont donc apparus suite à la construction de bâtiments présentés lors du concours.

Le Grand Carcouët à Nantes, premier immeuble collectif social à énergie positive

De manière générale, on note une émergence d’une prise de conscience générale concernant la transition énergétique, une émergence de normes énergétiques, une explosion des projets architecturaux qui sont écologiques... Est ce qu’il ne faut pas craindre que le Concours Bas-Carbone se noie là-dedans et perde de son caractère alors très tourné vers l’avenir ?

Je pense qu’il n’y a pas de raison de le craindre, parce qu’on est les seuls à proposer un tel événement sous cette forme. Travailler à l’échelle de la ville, par le biais d’un concours d’idées et financé par les entreprises, travailler avec les métropoles, personne d’autre ne le fait à la manière du concours bas carbone d’EDF. L’idée en outre, c’est vraiment de faire partager à travers les projets une vision responsable de l’urbain, à destination de tous les acteurs de la ville. À Bordeaux en particulier, il y a eu une exposition autour du concours et qui a eu un grand succès. Le réel intérêt de l’événement est aussi de partager avec les populations des idées nouvelles de l’urbanisme, pour montrer le visage de la ville telle qu’on peut la transformer.

En plus de l’effet vitrine que peut procurer le concours, il s’agit également d’un vrai catalogue d’innovations dont chacun peut s’inspirer pour venir y piocher des propositions qui les concernent et les intéressent. Donc c’est un peu comme un showroom urbain, qui permet aussi surtout aux équipes candidates de réfléchir d’une nouvelle manière à l’urbanisme que devront adopter les villes de demain.



Exposition Bordeaux Respire à la base sous-marine de Bordeaux Exposition Bordeaux Respire à la base sous-marine de Bordeaux

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