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Le street-art est-il devenu un art élitiste?

Billet
LDV Studio Urbain , le 28 septembre 2018
Le street art est-il toujours un art dissident ? C’est une question de plus en plus légitime car étant toujours plus institutionnalisé, il est parfois même protégé par des vitres sur certains murs de la ville et source de hausse de prix de l’immobilier.
Considéré autrefois comme une pratique déviante, il est devenu un symbole de gentrification et trouve même sa place dans les musées du monde entier. Mais pourtant celui-ci maintient toujours un lien fort avec l’espace public et continue d’ouvrir le dialogue entre art et ville ! Alors est-il devenu un art élitiste ou reste-t-il un art made in “street” ?

De la rue à la galerie !

Le français Psychoze, qui a commencé en 1984, fait partie des premiers street-artistes en France. Il est aujourd’hui exposé dans de grandes galeries d’art et musées. Ses œuvres prennent le plus souvent la forme de tags, mais pas uniquement, car il produit également des sculptures. On peut voir à travers cet exemple une certaine reconnaissance du street art qui a pu être critiqué à ses débuts, étant perçu comme une simple dégradation.

Durant les premières décennies, la lutte anti-graffiti consistait essentiellement à l’effacement de ces derniers et l’arrestation des auteurs. Par la suite, face au développement des tags aboutissant parfois au recouvrement de rames de métro entières, une lutte plus massive s’est mise en place et s’est orientée vers le démantèlement de groupes de graffeurs et même jusqu’à la fermeture des médias diffusant des images montrant des tags.

Cependant, même si la dégradation est largement condamnée lors de procès, la justice a régulièrement reconnu le caractère artistique des graffitis. Pour lutter contre, certaines villes vont donc jusqu’à proposer des murs pour les graffeurs enfin de canaliser cette expression culturelle. Mais ce type de démarche est perçue comme une institutionnalisation qui ne correspond pas à l’esprit du street art, alors même qu’aujourd’hui, celui-ci trouve sa place dans les musées, devenant ainsi un courant artistique à part entière.

L’artiste Blu a effacé ses fresques à Berlin, un hara-kiri artistique pour éviter la privatisation de ses œuvres
©spraymiummagazine.com


Une mise en valeur qui peut avoir des effets pervers. Paradoxalement à l’image informelle du street art, souvent associée à l’insalubrité, certaines œuvres peuvent au contraire être des lieux d’attrait et d’intérêt fort. Ainsi, par exemple, l’artiste italien Blu a repeint certaines de ses fresques en noir pour éviter une spéculation par des promoteurs immobiliers autour de ses œuvres, situées dans une friche de Berlin où il avait exposé sa créativité.

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