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De la Haine à Swagger : quelle évolution de l’image des banlieues à travers le cinéma ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 08 février 2018
1995. Dans les Yvelines. Le commissariat de La Cité des Muguets à Chanteloup-les-Vignes est assiégé par une centaine de jeunes. En cause ? La « bavure » d’un inspecteur à l’égard du jeune Abdal Ichah. Si l’un est démis de ses fonctions, l’autre est retenu à l’hôpital Saint Georges, entre la vie et la mort. Révoltés, les jeunes de la cité, eux, s’expriment. Bilan ? 14 blessés du côté des forces de l’ordre, 33 arrestations du côté des émeutiers et une arme perdue dans la cité. Voici le synopsis du film de Mathieu Kassovitz, « la Haine ».
L’art et la culture, en général, ont vocation à exprimer les maux d’une société. « La Haine », de Mathieu Kassovitz et « Comme dans un film », de Mc Solaar en particulier ont eu pour ambition d’exprimer les maux des cités et grands ensembles de banlieue.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’économie remonte en flèche via le développement industriel. La France fait donc appel à des travailleurs issus de ses colonies comme renfort en main-d’œuvre. Pour répondre à ce besoin conjoncturel, des logements temporaires doivent être prévus. Les barres sortent de terre, à l’écart, en banlieue. Contre toutes attentes, la situation se pérennise et personne n’y est préparé.

La banlieue revêt alors deux visages, opposés. Le premier reflète une réussite sociale liée à l’acquisition d’une propriété familiale avec jardin et garage. Le second, lui, évoque l’immigration et l’attribution d’un logement en hauteur.

Dès lors, la banlieue endosse une connotation négative, voire péjorative, accompagnée de ses préjugés. Autrefois symboles de confort et d’ascension sociale, les banlieues deviennent la scène d’une crise sociale montante. A tel point, qu’en 1977, le lancement du programme « Habitat et vie sociale » impulse la Politique de la Ville. Une première démarche politique forte qui visera essentiellement à la rénovation des grandes cités de logements HLM.

Avec les années 80, les premières émeutes apparaissent, notamment dans la banlieue lyonnaise. Les actions gouvernementales se multiplient jusqu’aux émeutes de Vaulx-en-Velin et la création officielle d’un ministère de la Politique de la Ville. Aujourd’hui, la Politique de la Ville fête ses 40 ans. Si ses compétences se sont élargies à d’autres domaines que le logement, des inégalités persistent.

La politique évolue, le cinéma aussi. En 2016, Olivier Babinet reprenait la thématique de Mathieu Kassovitz sous un angle nouveau avec son documentaire « Swagger ». A travers la caméra, nous suivons onze jeunes, filles et garçons, au cœur des cités d’Aulnay et de Sevran. Une mosaïque humaine colorée et pleine d’ambition. Dans un article récent, nous évoquions le rôle de l’art oratoire au sein des processus de revitalisation urbaine. « A voix haute », comme « Le Brio » réalisés au cours de l’année dernière, contribuent également à un changement de notre vision des cités. Quelle est alors la barrière entre cinéma et réalité ? Que dit cette évolution cinématographique de notre rapport actuel aux banlieues ? En résumé, comment est-on passé de « La Haine » à « Swagger » ?

Le cinéma comme miroir d’une société : de « La Haine » à « Swagger »

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