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Demain, des villes made in crowdfunding ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 27 novembre 2018
Le crowdfunding continue de gagner du terrain. Avec l’économie de partage et le développement des démarches participatives, les citoyens ont désormais l’habitude de mettre la main à la pâte, mais aussi à la poche, pour soutenir les projets qui font sens pour eux. C’est ainsi qu’il y a une dizaine d’années sortait le premier album d’un chanteur, Grégoire, après avoir été financé par des internautes sur le site My Major Company, la plateforme de crowdfunding pionnière qui a fait connaître ce principe au grand public.
Aujourd’hui, ce modèle de financement est déjà très présent dans de nombreux domaines (productions artistiques, jeux-vidéos, livres…), avec le développement de plateformes comme Ulule, Kisskissbankbank, et bien d’autres. Le crowdfunding se développe aussi dans l’immobilier et y connaît d’ailleurs une forte croissance (72% en un an). Un financement plus participatif mais qui comporte comme dans les autres domaines des risques. Est-ce alors un mode de financement pérenne ? L’avenir de l’immobilier sera-t-il celui du financement participatif ? Et qu’est-ce que cela dit plus généralement pour l’avenir de nos villes ?

Crowdfunding pour l’immobilier ?


Le crowdfunding, ou financement participatif, est un mode de financement qui fait appel à un grand nombre de personnes afin de soutenir un projet. Et internet et les réseaux sociaux ont permis l’émergence et le développement des plateformes participatives. C’est en 2012 que ce mode de financement est entré dans le domaine de l’immobilier, comme alternative aux modèles plus classiques.

Il permet ainsi de construire ou d’acquérir un bien immobilier par l’intermédiaire d’une plateforme 100% en ligne qui met en relation les porteurs du projet (généralement un promoteur immobilier) et les investisseurs particuliers. Depuis 2016, le crowdfunding immobilier a connu une forte croissance, notamment grâce aux intérêts souvent entre 8%-12% qui le rend particulièrement attractif pour les investisseurs. Son succès s’explique aussi par l’apparition de grandes plateformes comme Anaxago et WiSEED, qui, par leur sélection, rassurent les investisseurs.

Un bon moyen d’investir mais qui comporte quelques risques …


Le crowdfunding immobilier porte les même principes que les plateformes traditionnelles et met en relation trois acteurs : le porteur de projet, qui a besoin de fonds et qui souhaite développer son offre par un financement participatif, une plateforme qui sélectionne les meilleurs projets immobiliers et les particuliers qui souhaitent investir dans le projet et qui récupéreront leur capital et des intérêts à une date convenue. Ainsi, contrairement à d’autres financements participatifs pour des projets, il y a un fort intérêt à investir.

Certes, il existe des avantages, comme le fait de rendre ce financement accessible aux investisseurs ayant des sommes plus modestes, mais celui-ci possède aussi quelques risques. D’abord, il s’agit d’un investissement seulement à court terme par rapport à un investissement classique dans l’immobilier et celui-ci est dématérialisé, ce qui permet moins de contact avec l’interlocuteur et peut aussi dissoudre la responsabilité. Le principal risque et le plus évident est surtout la perte partielle ou entière du capital investi.



L’exemple le plus illustratif a été celui par exemple du Groupe Terlat, un promoteur immobilier basé à Salon-de-Provence qui construit des logements neufs en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce promoteur avait fait appel à Anaxago et WiSEED pour réaliser un projet ambitieux qui promettait en retour aux investisseurs un taux de 10%. L’appel aux particuliers a permis d’emprunter un total de 997 000 euros auprès de 260 investisseurs. Mais en août 2017, Retome, la société mère de Terlat, a été liquidée. Ainsi, certains des prêteurs ont eu une perte totale de leur capital investi et le taux moyen de retard de remboursement atteint 11,3 % depuis 2012 (source : lemonde.fr).

Et pourtant, les plateformes sont en pleine expansion


Même si les plateformes sont soucieuses des risques de perte de capital, cette affaire montre que ces derniers existent tout de même et qu’il s’agit de les prendre en compte. Cependant, le cas de Terlat reste une des rares exceptions, et même si certains projets sont retardés, les investisseurs sont majoritairement remboursés à la date d’échéance. Il existe donc aussi beaucoup de réussite avec par exemple le projet “La Villa des Troves” à La Baule-Escoublac, réalisé et remboursé par la plateforme Anaxago. La plateforme a pu récolter auprès de 100 investisseurs la coquette somme de 495 226 euros. Le projet a démarré en avril 2016 et le remboursement prévu entre 18 et 24 mois après les travaux a bien été effectué en février 2018.


“La Villa des Troves”, un des succès possible grâce au crowdfunding ©promocean.fr

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En couverture : @rawpixel via Unsplash.com

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