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Quelle place pour l’intelligence artificielle dans la construction des villes?

Billet
LDV Studio Urbain , le 15 mars 2019
Ces dernières années, avec le développement des systèmes informatiques et logiciels complexes, l’intelligence artificielle s’est immiscée dans de nombreux domaines, y compris ceux touchant la fabrique urbaine. Domaine encore abstrait pour beaucoup, évoquant les fantasmes les plus fous, questionnons ensemble sa réalité et les changements qu’elle implique pour la construction de nos villes.
Nouveaux services d’analyses de données urbaines, outils connectés, approches systémiques, quel est son intérêt pour nos espaces urbains de demain ? En quoi peut-elle être utile ? Et quelles sont aussi ses limites ?

Qu’est-ce que l’IA appliquée aux bâtiments ?



Dans un contexte de crise énergétique, beaucoup d’espoirs s’accrochent à l’intelligence artificielle. En l’associant au secteur du bâtiment, les acteurs du domaine souhaitent qu’elle participe à faciliter la prédiction des consommations énergétiques futures et donc à anticiper les mesures à prendre pour permettre une réduction des consommations lorsque ces dernières dépassent les besoins des occupants. L’idée est d’améliorer la performance énergétique des bâtiments et de lutter contre la précarité énergétique.

Pour comprendre de quoi on parle, lorsqu’on évoque l’intérêt de l’intelligence artificielle dans la construction de nos villes, il faut se pencher sur le potentiel de connectivité du bâtiment avec son environnement à travers l’usage de capteurs et autres objets connectés à un réseau. L’intérêt réside dans le fait que ces outils permettent de réunir et de stocker des informations sur les usages au sein du bâtiment. Grâce à l’IA, les bâtiments peuvent devenir une plateforme de services efficace pour ses occupants, mais aussi les constructeurs, les gestionnaires et les exploitants d’un parc immobilier.



Ainsi, parmi les services possibles, l’IA peut rendre possible la prédiction de pannes de fonctionnement du bâtiment liées au chauffage, à la ventilation ou à la plomberie. Cette anticipation rendue possible a pour avantage, par exemple, d’empêcher l’arrivée de l’humidité due à un dysfonctionnement de la ventilation et prévenir une panne. Par ailleurs, identifier directement ces problématiques techniques participe à réduire les coûts de maintenance puisque le tableau de bord informatif diagnostique le bâtiment et réduit alors considérablement les déplacements sur le site, mais aussi, cela permet l’automatisation de certaines tâches comme la gestion des accès et des équipements liés à la mobilité interne du bâtiment à l’image des ascenseurs, des escalators ou tapis roulants.

Un des enjeux de l’intégration de la technologie dans le bâtiment est de réussir à associer les données de façon à ce que leur croisement communique des informations pertinentes. L’intérêt est de proposer toujours plus d’innovations et d’automatismes pour développer de nouveaux services. Toutefois, cette recherche peut devenir une course à l’innovation qui peut émettre des effets contraires aux objectifs initiaux.

Faire le compromis entre Green Building et Smart Building



L’une des espérances concernant l’intelligence artificielle est de répondre au défi de la transition énergétique. Outil pratique, le bâtiment intelligent, s’il est utilisé à bon escient, permet d’atteindre les caractéristiques d’un bâtiment écologique permettant les économies d’eau, d’énergie ou la bonne gestion des déchets. La technologie permet de réaliser des actions à distance ou même, grâce à la mémoire artificielle, d’agir, selon des commandes pré-enregistrées, sans la présence systématique de l’homme. Par exemple, les lumières d’un bâtiment peuvent s’éteindre et s’allumer en croisant les données d’un détecteur de présence et d’un outil mesurant l’intensité de la luminosité naturelle.

Schéma résumant la démarche du Bâtiment Ecologique Intelligent ©ECDéveloppement


Bien que l’IA contribue, en effet, à répondre en partie à cet enjeu par la prévision des consommations d’énergie, l’envers du décor met en lumière une autre facette plus énergivore. Pour pouvoir trouver des solutions et y répondre par des services, il faut d’abord recueillir des informations qui sont ensuite stockées dans des centres de données, or, ces derniers sont très énergivores. L’un des enjeux de l’IA du bâtiment, dans les années à venir, sera de s’assurer des solutions qui permettent d’économiser davantage d’énergie que ses outils n’en consomment. Pour cela, des bilans énergétiques précis devront être réalisés avant de recourir systématiquement à de nouvelles innovations de services afin de faire la différence entre l’essentiel et le superflu.

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