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Rencontre avec Marthe Pommié du Lab-Zéro, un laboratoire innovant pour repenser l’action publique !

Billet
LDV Studio Urbain , le 05 novembre 2018
A Marseille, la Préfecture de la Région PACA expérimente de nouveaux modèles d’action publique avec la création d’un laboratoire d’innovation publique, nommé le Lab Zéro. Ce projet s’est fixé un objectif ambitieux, celui de réduire drastiquement, à zéro, le nombre de sans-abris dans les rues de la cité phocéenne. Une ambition pour stimuler l’innovation qui a permis de mettre en place un service dédié aux personnes de la rue qui leur permet d’éviter les périodes d’attente trop longues des services d’accueil en leur offrant rapidement un logement dans des bâtiments vacants.
Pour en savoir plus sur cette expérience inédite, nous avons interviewé Marthe Pommié, Directrice de la plateforme modernisation du Secrétariat des affaires régionales de la Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui coordonne le Lab Zéro.

Le Lab zéro, qu’est-ce que c’est exactement ?


“C’est un laboratoire d’innovation publique porté par la Préfecture de région PACA. Il fait partie des douze lauréats d’un appel à Projet National lancé en 2016, qui vise à mettre en œuvre des innovations dans les services de l’Etat et dans les territoires. Pour impulser de nouvelles approches, nous avons voulu créer une spécificité, celle de travailler sur des “objectifs zéro”, principalement pour remettre au centre de nos préoccupations l’objectif plutôt que les moyens.

Parce que lorsqu’on cherche à innover, alors que l’on a plutôt l’habitude d’effectuer de la gestion courante, on est très vite happé, et c’est normal, par les outils et les dispositifs. Très souvent, quand on se concentre sur l’innovation, on oublie l’objectif final alors que tous ses outils ont été créés et décidés précisément au service d’un objectif ! Dans un monde avec beaucoup de strates dans l’histoire de l’action publique, tout un tas de dispositifs ressortent : nous sommes finalement vite noyés et souvent découragés par le nombre de choses qui existent déjà.

L’avantage avec l’objectif zéro, c’est qu’on affirme une vision claire. Par exemple, dans notre premier projet, nous visons celui que personne ne dorme dehors. L’exercice consiste à imaginer ce que nous pourrions faire s’il nous était possible de mettre en place une seule action, n’importe laquelle. C’est l’idée de partir de zéro. Nous avons donc commencé nos travaux ainsi, en imaginant une action phare pour atteindre un objectif.”

Et cela, dans le but de créer l’ensemble des outils et de ne pas forcément se baser sur l’existant, n’est-ce pas ?



“Oui, exactement. Après, l’on revient forcément à ce qui existe déjà car les acteurs se perdent très vite dans la forêt des dispositifs, quel que soit le sujet qu’on aborde. Ceux qui travaillent avec nous rebondissent en évoquant ce qu’ils connaissent déjà, pour aider bien sûr, en évoquant les structures impliquées dans le domaine. Mais forcément, cela inhibe la créativité. Si l’on se confronte tout de suite à la complexité du réel, cela ne donne pas envie d’inventer grand-chose, car on est alors écrasé par le poids de tout ce qui a été entrepris durant la grande histoire de l’action publique. Cette idée de “zéro”, c’est le moyen qu’on a utilisé pour faire surgir de nouvelles idées."



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Photo de couverture : Le tiers-lieu temporaire Coco Velten dans des locaux de l’ancienne Direction des Routes à Marseille ©Yeswecamp

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