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À quoi ressemblera la ville de 2018 ?

Débat
La Rédaction , le 05 janvier 2018
Encore une nouvelle année qui se dessine ! Comme une bonne partie d’entre nous, les villes ont également profité de l’occasion pour dévoiler les belles ambitions prévues pour 2018. Entre les projets en cours d’élaboration, entre les défis d’aménagement urbains et les enjeux actuels liés à l’environnement et à la société, que nous réservent les villes pour les mois à venir ? Comment doit-on lire les évolutions récentes de nos villes, et à quoi ressembleront-elles vraisemblablement en 2018 ? Revenons sur les bonnes résolutions de certaines d’entre elles, et essayons d’en imaginer l’avenir...
Une ville culturelle ? Le développement de la culture en ville semble être devenu pour nos cités un axe majeur de développement, et une des ambitions principales à mettre en œuvre en 2018. L’essor des festivals en tous genres démontre non seulement un attrait de plus en plus important de la part du public, mais démontre aussi que la culture peut permettre de faire vivre la ville à sa manière. Parmi les festivals de 2018, la danse sera par exemple mise à l’honneur comme à Nantes avec le festival « Trajectoires ». Les séries seront quant à elles les vedettes du festival « Série Mania Lille Hauts-de-France » dans le Nord. Le développement de la culture est la bonne résolution qui a été la plus citée par les villes évoquées dans notre dossier spécial. Cela démontre que la construction d’une ville n’est plus cloisonnée dans l’unique compartiment du cadre bâti et de la pure politique de développement foncier. La richesse culturelle d’une cité lui donne son âme, sa vie, et procure à ses habitants un réel désir d’appartenir plus intimement à sa construction dans l’espace mais aussi dans le temps. Une ville cohérente ? La seconde ambition la plus évoquée et celle de la cohérence générale qui doit être recherchée par les villes. Cette cohérence signifie que tous les acteurs qui participent à l’épanouissement urbain doivent à la fois pouvoir agir de manière égale et coordonnée, et pouvoir vivre la ville dans son ensemble, sans disparité sociale ni territoriale. En ce sens, les résolutions des villes concernent notamment une logique de cohérence au sein des transports urbains. Ces derniers doivent désormais être accessibles à tous, en particulier physiquement et financièrement. En respectant en outre les défis environnementaux, les transports publics doivent donc proposer des offres attractives sur l’ensemble du territoire sur lequel ils agissent. Bordeaux préconise par exemple de ressouder les différents acteurs du transport sur la métropole, de manière à ce que ceux-ci puissent travailler conjointement à un maillage harmonieux et complémentaire du territoire. La coopération entre acteurs apparaît donc comme étant une clé majeure dans ce domaine. L’innovation a également un rôle à jouer, et le développement de modes de déplacements qui soient rapides, économiques, écologiques, ne peut que favoriser leur utilisation, et une desserte bien organisée de l’urbain. Avez-vous par exemple aperçu au bois de Vincennes à Paris cette navette automatique et écolo ? Habitants de Marseille et des alentours, avez-vous déjà votre « pass métropolitain » pour circuler partout, tout le temps ? Une ville dynamique ? D’après ce que les villes prévoient pour 2018, la cohérence que nous venons d’évoquer doit inévitablement passer par le dynamisme du monde urbain. Par dynamisme, nous entendons avant tout le fait que l’extension urbaine doit être limitée, et que le développement de la ville doit se poursuivre sur des espaces déjà urbains et sur lesquelles il est préférable de construire. Cette démarche implique de renouveler sans cesse les éléments urbains, en adaptant leurs fonctions, parfois même en recyclant son image, alors plus tournée vers la ville contemporaine. C’est le cas par exemple de la ville de Lille, qui a impulsé le grand projet de la gare Saint Sauveur. Comme son nom l’indique, ce que les habitués appellent la « Gare Saint-So » était un espace ferroviaire qui a aujourd’hui perdu son usage d’origine. Il est en revanche devenu le lieu branché des sorties culturelles lilloises depuis qu’il accueille des concerts gratuits chaque semaine et des expositions régulières. La revitalisation des espaces urbains participe concrètement à l’image positive que la ville véhicule. Elle participe également à la création d’une densité plus humaine, plus accessible. Mais n’oublions pas qu’elle ne pourra être mieux accessible que si la cohérence générale évoquée plus haut est efficacement mise en œuvre. D’ailleurs, les lieux à réinventer ne sont pas uniques dans chaque ville. Nantes en a 15, et l’idée et donc de recréer une connexion entre chacun de ces lieux pour que le dynamisme tourné vers l’avenir soit effectif, et attractif. Une ville agréable à vivre ? L’ensemble des éléments évoqués ci-dessus participent en somme à l’élaboration d’une ville dans laquelle il est agréable d’évoluer. Bien entendu, cela n’est pas exhaustif et une multitude de domaines agissent plus ou moins directement sur le bien-vivre en ville. Parmi les ambitions urbaines de 2018, il est donc classique de retrouver l’idée de qualité de vie, et de qualité d’usage des espaces publics. La première bonne résolution de Lille est d’ailleurs celle de faire de la propreté de la ville une priorité. Avec ses actions de nettoyage, elle entend bien conférer aux citadins un certain confort, qui participe aussi à son attractivité. Mais au-delà même du souhait des collectivités d’offrir une monde urbain agréable, il s’agit également d’un enjeu qui dépasse l’échelle métropolitaine : celle du globe, et des défis climatiques qui le menacent. Par une « charte du bien-construire » à Bordeaux par exemple, ou par sa volonté d’équilibrer le partage entre minéral et végétal, on note des ambitions qui prennent chaque année davantage d’ampleur en faveur de l’écologie et de la transition énergétique. L’usage des modes de déplacement doux participe aussi directement à cette vision. Justement, l’exemple des mobilités douces et responsables démontre un aspect qui dépasse la simple idée de bonnes résolutions, domaine après domaine : on comprend en effet que ces modes de transports, qui sont aujourd’hui quasiment systématiquement sollicités par les villes, participent à l’ensemble des ambitions qui ont été évoquées dans cet article. Il s’agit donc pour nos cités modernes d’aborder une vision qui dépasse celle des défis à relever les uns après les autres, et de ne pas tomber dans le piège d’une liste de course qu’il suffit de raturer tâche après tâche. Il s’agit bel et bien d’un système bien plus complexe, qui doit être étudié dans son ensemble, en créant une coopération générale des acteurs de la ville. Dès 2018 donc, la ville culturelle, la ville solidaire, la ville énergétiquement responsable, et toutes les autres visions de la ville doivent former un tout, sans compartiments hermétiques, qui sera la garantie que l’on confiera aux générations futures la ville qu’ils méritent pour chaque nouvelle année qui se dessinera.

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