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Frissonnez devant les inquiétantes ambiances urbaines de nos cités

Brève
La Rédaction , le 31 octobre 2018
Nos villes foisonnent d’histoires à couper le souffle mais avec la course effrénée du quotidien, celles-ci ont vite fait d’être enterrées. Ainsi, nos lieux de vie peuvent dissimuler des folklores lugubres qu’il vaut mieux parfois oublier. Pourtant, ce sont ces imaginaires accrochés à des territoires qui servent d’inspiration pour un développement touristique bien particulier. Alors, comment certains espaces urbains réussissent-ils à valoriser un patrimoine à priori peu attrayant ?
Les villes sont chargées d’histoires qui se construisent aussi par les croyances et le folklore. Les légendes se diffusent par bouche à oreille et finissent souvent par coller à la peau de certains territoires. Ainsi, un brouillard lugubre plane sur nos ruelles et le souvenir de récits inquiétants refont surface lors de balades nocturnes. Du barbier fou de la rue Karkova à Prague au barbier de Fleet Street à Londres dont s’est inspiré le film de Sweeney Todd, en passant par Jack l’éventreur, où encore des personnages fictifs comme le Docteur Jeckyll and Mister Hyde, et autres romans policiers à la Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, ces récits fantasmés font ressurgir des histoires et des légendes urbaines de violents et mystérieux assassinats.


Les ruelles inquiétantes d'Edimbourg ©Lumières de la ville

Mais des périmètres encore plus larges que ces lieux sombres peuvent s'imprégner d’une atmosphère étrange à l’échelle des villes. L’Ecosse fourmille de villages hantés et la ville souterraine d’Edimbourg cache divers fantômes et assassins. Les vampires hantent également la nécropole de la ville de Glasgow, et en Roumanie, c’est la ville de Brasov qui abritent Dracula, au château de Bran. La ville de Salem aux Etats-Unis et celle de Triora en Italie, sont quant à elles, les refuges des sorcières. Autant de villes berceaux des ténèbres qui nous glacent le sang et ne nous inspire pas confiance.

Malgré cet imaginaire urbain morbide, certaines villes se sont emparées de leur passé peu glorieux et des périodes sombres de leur histoire, de leurs architectures biscornues, de leurs paysages alambiqués, d’une météo peu clémente et parfois même d’une organisation urbaine ancienne inspirant l’insécurité. Marques de fabriques, leurs caractéristiques et leur passé développent depuis quelques années déjà des activités touristiques centrées autour de l’inquiétant. Ainsi, on peut découvrir un circuit « sur les traces de Jack l’éventreur » organisé par Jack The Ripper Tour dans le quartier de Whitechapel à Londres retraçant l’énigmatique histoire du fameux tueur en série. À Edimbourg, ville incontournable des fantômes, les visites se sont multipliées. L’une d’elles « Fossoyeur d’Histoire » introduit l’ambiance de la capitale. The « Edinburgh Dungeon » propose une visite attraction plutôt ludique mariant faits historiques et effets spéciaux. À Salem, le tourisme repose sur les faits historiques d’une chasse aux sorcières et des séries qui s’en inspirait. Le musée de sorcières « Salem Witch Museum » et la maison des sorcières « The Witch House » donnent un aperçu des causes de la réputation de la ville.

Bus touristique d'Edimbourg, pas si atypique dans la capitale ©Lumières de la ville

Bien que ces activités semblent effrayantes, le tourisme de la peur rencontre un vrai succès, ce qui semble paradoxal. En réalité, l’attraction se joue sur l’imaginaire de l’extraordinaire et du mystérieux. Or, les lieux fantasmés attisent la curiosité et attirent des touristes désireux de s’imprégner d’une histoire réelle ou imaginée. En souhaitant revivre des fictions ou des événements passés, le citadin veut s’immerger dans une atmosphère et vivre les sensations d’un autre monde le temps d’un circuit, d’une visite guidée ou même d’une balade en solitaire. L’urbain peut également revivre, ou du moins s’imaginer, des évènements du passé, comme l’histoire des catacombes parisiennes, ou ressentir des émotions en se faisant peur lors de visites de châteaux hantés.

Entre recherche d’une connaissance des pires faits urbains et de sensations fortes, il est indéniable que le tourisme de l’horreur ou « Dark tourism » participe à rendre la ville plus ludique et divertissante. Ainsi, les acteurs de ce marketing urbain valorisent et perdurent un héritage urbain indissociable de certaines villes tout en réussissant à rendre légers des mythes, des tragédies ou autres événements macabres qui auraient pu être les vecteurs d’une image répulsive de la ville.    

Photo de couverture: Nécropole de Glasgow en Ecosse ©Lumières de la ville

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