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Une marche sensible en banlieue de Barcelone #03 Vers les montagnes de Collserola

Récit
Lefèvre Quentin , le 28 août 2017
Pourquoi ne pas aller jeter un coup d'oeil à la troisième frontière terrestre de la ville ? Les montagnes autour de l'église Tibidabo font partie du Parc Naturel Serra de Collserola3 . Elles sont bien connues des locaux mais bien moins des touristes. Certains diraient que c'est au moins une zone préservée des "envahisseurs", mais c'est un autre sujet.
Pour y aller, descendons à la station de métro Canyelles. Nous devons contourner des infrastructures sportives pour commencer à grimper. Sentez-vous déjà sentir l'odeur des pins ? Une dernière portion de route et nous y sommes.

Vous pouvez remarquer le vieux panneau de signalisation de l'hôpital Sant Llatzel et des hommes qui se tiennent seuls derrière des arbres, semble-t-il en train d'attendre quelque chose ou quelqu'un... comme c'est souvent le cas dans les plus proches espaces naturels de banlieue. Continuons. Beaucoup font leur footing de fin de journée, certains courageux font du vélo et d'autres marchent, tout simplement. Bientôt nous allons trouver l'ancien hôpital. Mais il n'a plus l'air d'un équipement médical car la propriété abrite aujourd'hui la Can Masdeu4, une communauté qui propose depuis 2002 des parcelles d'agriculture partagée ainsi que diverses activités ouvertes au public. En grimpant dix minutes de plus, nous atteignons un de ces points de vue urbains que les villes entourées de montagnes ont à offrir. Une fois passés les poteaux électriques, nous arrivons au col de la Ventosa, faisant partie du Camino de Las Aguas, une "autoroute piétonne" qui cours le long du Parc Naturel. Mais si nous sommes en quête d'authenticité, nous pouvons toujours suivre un de ces chemins millénaires. Ils ont été dessinés par des milliers de marcheurs probablement depuis que les humains se sont installés dans la région. Vue du sommet, la ville est notre royaume et nous ressentons à ce moment la paix sereine de ceux qui comprennent tout. Les architectures emblématiques semblent des jouets. La tour Agbar et les cheminées de Besòs apparaissent comme des jeunes pousses à l'horizon.

Les sites par lesquels nous sommes passés (voir aussi #01 et #02) peuvent être considérés comme des entre-deux. Ils constituent la limite progressive entre la ville et son environnement naturel. S'ils donnent à la ville ses limites, ils peuvent ne pas être uniquement considérés comme des murs séparatifs mais aussi comme des portes vers un ailleurs. Il est de notoriété que les urbanistes du milieur du XXe siècle ont pu être les instruments d'une volonté politique et d'un développement économique de court terme au moment même où les extensions des villes étaient le signe visible d'un progrès en marche. Mais de nos jours, les gens apprécient de redécouvrir leur patrimoine naturel. Les urbains pressés apprécient plus que jamais de prendre un bol d'air pur et considèrent sans doute ces entre-deux comme une ressource de la ville. Finalement les interfaces ville/nature, à Barcelone comme ailleurs, semblent nous parler inconsciemment. Est-ce parce qu'elles manifestent la manière dont la ville engage, telle un être vivant, un dialogue avec son plus large territoire et au delà la manière nous autres, être humains, sommes en relation avec le monde qui nous entoure ?























  1. Qui signifie "Aguas de Barcelona", soit "Les eaux de Barcelone" en français.
  2. Voir des cartes interactives du développement historique de la ville ; http://cartahistorica.muhba.cat/index.html?lang=en http://bigtimebcn.300000kms.net/
  3. http://www.parcnaturalcollserola.cat/es/ 
  4. http://www.canmasdeu.net/?lang=en

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