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L’urbanisme du froid : un vrai débat dans la construction des villes de demain ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 05 février 2018
Les vagues de froid que nous traversons généralement l’hiver nous poussent à nous questionner sur la manière d’aménager nos villes. En effet, nos pratiques urbaines changent en fonction des saisons. Les espaces publics en période de fortes chaleurs, qu’ils soient accueillants ou non, sont happés par les citadins. On cherche à profiter des longues journées d’été et de la douceur du climat. Pique-nique entre amis, ballades en vélo ou marche solitaire, tous les prétextes sont bons pour vivre à l’extérieur. Au cours des vagues de froid, l’extérieur est fuit ou au mieux timidement abordé. On prend les transports en commun plutôt que de rentrer à pieds. On oublie les pique-nique pour les intérieurs confortables. Emmitouflés, on presse le pas pour les trajets extérieurs inévitables. Hors de questions de juste rester dehors. Il fait trop froid !
Et si les espaces publics de l’hiver étaient dynamiques dans la ville de demain ? Et si nous profitions des espaces publics tout au long de l’année plutôt que de rester dans nos petits intérieurs en cours de densification ? L’urbanisme de demain valorise la construction de “villes à échelle humaine” où nous vivons les espaces publics, où nous abandonnons nos voitures, où nous recréons des interactions sociales à partir de cet espace public. Dans cette logique, nous devrions donc susciter cette théorie tout au long de l’année plutôt que de rentrer se réfugier sous nos plaids ! Mais comment ?

L’aménagement hivernal, une pratique immatérielle

Les saisons changent, et la ville subit. Quand l’hiver arrive, chacun rentre chez soi. La seule chance d’interagir avec des gens en hiver, c’est d’aller dans des bars ou chez des amis. De manière générale, les citadins sont incités à se rendre dans l’espace public quand il s’y passe quelque chose. Quand ils ont quelque chose à y faire. Le sort des villes d’hiver n’est donc pas complètement perdu. Les marchés de Noël attirent encore les chalands !

C’est dans cette observation que réside toute la différence actuelle entre les espaces publics en hiver et en été. On ne sort pas sans raisons quand il fait froid. On sort pour se déplacer. On sort aussi pour des manifestations événementielles. Mais on ne sort pas pour rester dans l’espace public. En hiver, pas le temps de flâner ! L’extérieur est uniquement une contrainte à laquelle on tente d’échapper au maximum.

A Montréal, où le froid domine une grande partie de l’année, l’organisme à but non lucratif Pépinière & co l’a bien compris : pour faire sortir les gens, il faut de l’animation ! Dans cette optique, ils ont monté un projet de place publique éphémère : La Petite Floride, situé au cœur de Mile-End. De janvier à l’arrivée du printemps, la place publique est aménagée : un café et un bar sont installés lors des événements. Un feu est mis en place et entretenu par les passants. En cas de neige, celle-ci est utilisée pour des ateliers de constructions créatives. Un bus chauffé, accompagné d’une piste de danse, d’une patinoire et d’une piste de jeu structurent l’espace. Le projet devrait permettre l’organisation de batailles de boules de neige, de tournois de curling ou encore de courses de traîneau. Si l’idée semble bénéfique, elle ne reste pour le moment qu’événementielle et ponctuelle.

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