Mais en ce qui concerne la ville, le raisonnement ne peut pas être le même. Il s’agit de la planification et de la gestion du bien commun, de notre espace de vie. Changer de paradigme ne dépend que de notre volonté collective et plus particulièrement de celles de nos élus.

Les villes sont le principal moteur de l’économie. Mais elles sont aussi le principal centre de consommation des ressources naturelles (75%), de production de déchets (50% de la production mondiale), tout en générant entre 60% et 80% des émissions de gaz à effet de serre (“Resource Efficiency as Key Issue in the New Urban Agenda”. ONU). C’est donc au cœur des villes que se jouera la lutte contre le réchauffement climatique.

L’engagement en faveur de l’économie verte n’est pas un obstacle à la création de richesses et d’emplois. Au contraire, c’est un secteur qui offre de nombreuses opportunités d’investissements et une stratégie essentielle pour éradiquer la pauvreté persistante. L’écocité présente une grande capacité de création d’emplois comme le tourisme durable, la technologie, la logistique, la construction durable, le recyclage, l’agriculture urbaine, les circuits courts d’alimentation, les transports et l’énergie renouvelable. Une économie verte est susceptible de créer plus d’emplois à court, moyen et long terme que le modèle d’économie brune tel que nous le connaissons actuellement tout en préservant nos ressources (https://www.xn--coquartier-96a.com).

Les coûts d’infrastructure, résultant d’un développement urbain compact et dense, sont de 55 % inférieurs par rapport aux zones les plus dispersées. L’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur des transports, l’utilisation de carburants propres et le remplacement des transports privés par des transports publics ou non motorisés peuvent avoir des avantages économiques et sanitaires importants. L’investissement dans les transports publics permet des avantages économiques au niveau régional au-delà du double des dépenses engagées. En conséquence, l’économie verte facilite une vie urbaine plus durable et une mobilité à faible émission de carbone.

Un développement du tourisme bien planifié peut améliorer l’économie locale et réduire la pauvreté. Les touristes sont à l’origine de la dimension verte et plus durable du secteur, ce qui se traduit par un taux de croissance de 20% de l’écotourisme nettement supérieur aux autres formes de tourisme. Les actions liées au tourisme augmenteront l’emploi de la population locale. On estime qu’un emploi dans le secteur du tourisme de base implique la création de 1,5 emploi supplémentaire ou indirect dans l’économie liée au tourisme.

Le projet d’écocité permet de générer des espaces attractifs pour l’activité économique et le commerce. Il améliore le niveau d’équipements culturels, de formation et d’éducation offrant des opportunités d’emploi à la ville dans des activités innovantes et durables.

En plus des bienfaits psychologiques et sociaux, la nature en ville offre de nombreux services écosystémiques tels que la lutte contre l’îlot de chaleur, la protection contre les catastrophes naturelles, un approvisionnement en nourriture, ou encore la purification de l’air.

Les conclusions du rapport « Vers une économie verte, Guide pour le développement durable et l’éradication de la pauvreté  » Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sont les suivantes : la transition vers une économie verte entraîne une augmentation de la richesse, notamment dans les biens environnementaux communs ou de capital naturel, et génère aussi un taux plus élevé de croissance du PIB. L’éradication de la pauvreté est inévitablement liée à la préservation et à la conservation des ressources naturelles, en raison du flux des bienfaits issus du capital naturel dont bénéficient directement les plus défavorisés.
La transition vers une économie verte crée de nouveaux emplois, compensant les pertes d’emplois de «l’économie brune». Plusieurs secteurs novateurs peuvent participer au développement de la ville et à la création d’emplois, notamment le centre d’énergie renouvelable, l’utilisation des NTIC dans tous les services, la construction durable, les transports, et en général tous les services liés au recyclage.

Le PNUE estime qu’une économie verte devrait améliorer le bien-être humain et l’équité sociale, tout en réduisant considérablement les risques environnementaux et écologiques.

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