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Villes flottantes : comment répondre aux enjeux sociaux et climatiques ?

Billet
LDV Studio Urbain , le 11 décembre 2018
On l’a vu dans une première partie, le développement de projets de villes flottantes implique de réfléchir à une urbanité capable de répondre aux problématiques liées à la raréfaction des terres et du développement durable. Pour autant, ce modèle urbain peut-il répondre demain aux enjeux sociaux et climatiques de plus en plus prégnants ?

Quand les villes flottantes deviennent libertariennes



Les prévisions migratoires et le prix de ces nouvelles constructions nous interrogent donc sur les financeurs de ces futures infrastructures. Les populations les plus défavorisées et les plus vulnérables, mais aussi les plus nombreuses, sont concentrées dans l’hémisphère sud. C’est la partie de l’humanité la plus menacée par le réchauffement climatique et par la montée des eaux, elle est donc la plus concernée par les migrations et les réinstallations sur de nouveaux territoires. Sans compter que cette population, majoritairement urbaine, fait aussi face à des crises systémiques plus marquées comme le creusement des inégalités, des disparités socio-économiques et l’augmentation de la pauvreté. Alors comment répondre à ces enjeux ?

Le projet Lilypad, emblème du concept de villes flottantes, imaginé par l’architecte Vincent Callebaut, est une ville écologique flottante multifonctions de grande envergure destinée à accueillir 50 000 réfugiés par structure flottante, un vrai écosystème en lui-même. Toutefois, son coût de construction questionne. Compte tenu des différences historiques de croissance et de développement entre les pays et des rapports de domination qui ont engendré des enjeux urbains systémiques plus particulièrement dans l’hémisphère sud, il est logique de penser que les pays développés devraient participer au financement d’infrastructures de telles envergures.

Pourtant, plusieurs projets naissants sont imaginés grandioses et certains sont même vus comme des villes libertariennes pour les plus aisés. C’est le cas d’Artisanapolis, imaginé par les maîtres de la Silicon Valley et dont l’une des caractéristiques est de s’affranchir des Etats pour créer des communautés offshores. Le m2 avoisinerait les 4000 euros et la ville pourrait voir le jour à la fin du siècle dans les eaux calmes du golf Fonseca, en Amérique centrale. De son côté, la Polynésie française a donné son accord pour construire une ville flottante. Elle devrait voir le jour d’ici 2020 et faire office de vitrine technologique et durable pour cette fameuse philosophie libertarienne. Son coût oscille entre 30 millions et 50 millions de dollars américains.

Ces constructions, certes, autonomes et incluant la technologie au service du développement durable vont plus loin en allant jusqu’à contester la démocratie. Elles n’envisagent pas vraiment les concepts de villes frugales et de résilience urbaine, dont l’intérêt est justement de faire avec l’existant pour répondre aux stress quotidiens que subit la ville, que ce soit le manque de foncier pour habiter, de terres arables pour se nourrir ou encore le manque d’emplois… L’un des enjeux du développement durable est justement de s’appuyer sur l’économie circulaire, or produire sans cesse de nouveaux concepts de villes sans chercher à y répondre ne rejoint pas cette réflexion.

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Photo de couverture : Lylipad. la cité flottante pour les réfugiés climatiques ©Vincent Callebaut Architecture

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