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L’espace : vers des villes en apesanteur

Billet
LDV Studio Urbain , le 18 décembre 2018
Depuis le premier vol orbital du satellite russe Spoutnik 1 en 1957, l’homme n’a jamais cessé d’innover pour explorer l’espace. Le 12 avril 1961 s’ensuit le 1er vol habité par vol orbital du satellite soviétique, celui de Youri Gagarine, qui est le premier homme à réaliser une telle mission. Quelques années plus tard, l’astronaute Neil Armstrong fait ses premiers pas sur la Lune, le 20 juillet 1969. Mais notre intérêt pour l’espace ne se limite pas à ces deux évènements, il remonte encore plus loin !
Dès l’Antiquité, Lucien de Samosate évoque le voyage spatial dans une odyssée et il sera suivi à la Renaissance par Ludovico Ariosto ou L’Arioste, Fontenelle, Voltaire et bien d’autres. Avant notre époque, le peu de connaissances sur le ciel fait de l’espace un mystère absolu où s’affrontent, dans l’Antiquité, les mythes avec l’observation et la cosmologie, puis, au Moyen-Age, l’astrologie avec l’astronomie. Une curiosité insatisfaite entre imaginaire et recherches observatoires rationnelles qui alimentent un attrait pour l’espace et qui nous amène à imaginer un mode de vie proche de nos villes terrestres pour nous projeter dans un univers bien réel mais inconnu. Alors, comment l’espace a-t-il pu inspirer l’imaginaire de nos villes pendant de si longues années ? Quels sont les inventions qui nous ont permis d’arriver à ce stade d’exploration ? Où en sommes-nous aujourd’hui et quels ont été les freins à cette colonisation spatiale tant rêvée depuis des millénaires ?

Illustration du roman “de la terre à la lune” de Jules Vernes

Crédit image : Illustration du roman “de la terre à la lune” de Jules Verne


Un imaginaire interstellaire né d’une longue période de gestation



Entre les premiers rêves de voyages interstellaires et l’envoi du premier homme dans l’espace, il s’est déroulé une longue période de gestation. Le manque de moyens techniques pour explorer l’espace ne participait pas à démontrer un intérêt pour une exploration qui, souvent, était considérée comme le territoire des dieux. Ce n’est qu’au début du 17ème siècle que la première longue vue inventée par l’opticien hollandais Hans Lippershey fait son apparition pour être reprise par Galilée qui l’améliore afin d’observer les étoiles.

L’espace restait donc source de questionnements et d’inconnus. L’imaginaire, souvent limité aux astres visibles depuis la Terre comme la Lune, Mars ou Vénus, se nourrissait de ces interrogations pour former des mythes, représentatifs de l’environnement et de la façon d’y vivre. Ainsi, ils cherchaient à expliquer la Terre, la nature et les catastrophes naturelles par l’héliocentrisme. La Terre faisait partie du centre du cosmos, monde parfaitement ordonné. Dans les poèmes d’Homère, ce cosmos est un tout, intouchable, qui peut se retourner contre les hommes dans le monde terrestre, contre Ulysse en l’occurrence. Pour aller plus loin, Lucien de Samosate imagine ses protagonistes voyager vers la lune et conçoit les premiers moyens de transport qui nous mènerait vers les étoiles. Ces derniers s’apparentaient à ceux de l’époque comme les bateaux, les chevaux, les aigles, ou encore les canons et les fusées.

Pendant l’Antiquité, au delà de l’imaginaire de Lucien de Samosate, c’est le développement des mathématiques qui a grandement contribué à faire de l’astronomie ce qu’elle est aujourd’hui. Au Moyen-Age, en opposition au développement de l’astrologie, l’astronomie était déjà étudiée pour tenter d’imaginer l’avenir par la compréhension de l’origine de toute chose. Au 12ème siècle s’observe alors un envol du savoir scientifique et des progrès techniques d’observation.  Léonard de Vinci invente la première machine qui pourrait se rapprocher des étoiles et un peu plus tard au 16èmesiècle, Galilée et Kepler observent le ciel d’un peu plus près à travers les premières lunettes astronomiques grossissant jusqu’à 6 fois les objets observés. Dès lors, ils décident de dresser les premières cartes astronomiques, convaincus qu’elles serviraient plus tard aux “navigateurs des airs”. Pendant le siècle des lumières, l’attraction universelle, la forme de la terre et les mesures de la terre. Par exemple, la physique Newtonienne établie par Isaac Newton au 17ème siècle sera exploitée par les savants mathématiciens du 18ème siècle, Eulerd’AlembertLagrange qui développent des outils mathématiques pour mieux exploiter ses principes.

Mais ce n’est qu’à partir du 19ème siècle que l’on commence à explorer le ciel. Des progrès techniques comme les voyages en montgolfière de Pilâtre de Rozier permettent d’envisager une véritable exploration. A côté de ces avancements concrets, la littérature d’anticipation devient très réaliste avec “de la terre à la lune” de Jules Verne sorti en 1865 et “les premiers hommes dans la lune” de H.G. Wells sorti en 1901. Vers la deuxième moitié du 20ème siècle, les auteurs de science-fiction nourrissent un imaginaire ne laissant plus de doutes sur l’existence d’autres formes de vie dans l’espace, d’autant plus qu’il est couplé de nombreuses missions spatiales à succès qui s’enchaînent et nourrissent un attrait toujours plus grand pour de futures conquêtes.

On le voit donc, l’imaginaire humain à propos de l’espace s’est bien étoffé et a participé à concevoir un embryon de savoirs, socle des prémices d’une nouvelle ère, celle de l’exploration spatiale.


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Photo de couverture : Station spatiale habitée imaginée par des ingénieurs de la NASA : Tore de Stanford, 1975

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