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À Nantes, la zone inondable de Pirmil-les-Isles devient un enjeu de développement urbain

Billet
LDV Studio Urbain , le 24 mai 2018
Continuer de densifier les villes en bord de fleuve nécessite de relever le défi de construire en apprivoisant le risque d’inondation. C’est un enjeu sur lequel Nantes Métropole travaille actuellement à travers la ZAC Pirmil-les Isles, située à cheval sur les communes de Rezé, Nantes et dans une moindre mesure de Bouguenais. Il s’agit du premier projet de renouvellement urbain intercommunal porté par la métropole de Nantes et 4000 logements devraient y voir le jour d’ici 2030, tandis qu’environ 2000 emplois supplémentaires y sont espérés.
En avril 2017, ce projet a remporté le Grand Prix d’Aménagement « Comment bâtir en terrains inondables constructibles ». Le défi que représentent les secteurs inondables ne font semble-t-il pas peur à Frédéric Bonnet, urbaniste chargé d’établir les grandes lignes d’aménagement de la ZAC. La « ville-nature » qu’il propose pour ce quartier en mouvement dévoile différents aménagements permettant de reconquérir les berges de Loire et de recréer un véritable lien avec le fleuve.

La déshérence d’un quartier en bord de fleuve

Au Sud de Nantes, juste derrière la Loire, s’étend la commune de Rezé qui borde le fleuve jusqu’à l’emplacement actuel des Nouvelles Cliniques Nantaises (NCN) à l’Est. C’est d’ailleurs précisément à cet endroit que plusieurs décennies plus tôt, les abattoirs de Nantes ont été construits suite à plusieurs déménagements, en 1933. Pendant quatre décennies, jusqu’en 1975, l’entreprise représente le cœur du quartier et le fait vivre au rythme des bêtes qui y étaient abattues. Boucheries, tanneurs ou savonneries (qui utilisent les graisses animales) donnent le tempo à cette interface entre Rezé, Nantes, et la Loire. Après une nouvelle délocalisation non loin de là, les déficits s’accumulent et les abattoirs sont définitivement fermés en 1995, deux années après leur placement en redressement judiciaire.

Vingt ans plus tard, en 2015, l’ancien propriétaire des abattoirs Banchereau engage la démolition et la dépollution de la zone avec l’aide de la métropole de Nantes. Les bâtiments administratifs, de découpe, le restaurant ainsi que les logements ont ainsi été détruits par la société de démolition Occamat. À la fin de l’année 2015 enfin, après 6 mois et demi de travaux, le quartier est finalement rasé et nettoyé. Ce secteur nommé « Isles » représente 13 hectares sur les 150 que constituent la ZAC Pirmil-les Isles. Pourtant, l’ensemble du secteur s’épuise et nécessite une nouvelle réflexion pour y retrouver une urbanité plus durable.

Pour le moment sur cette vaste zone à reconquérir, ce sont déjà presque 3000 habitants qui résident sur les secteurs de Pirmil, de Trentemoult, Norkiouse, Basse-Île et Haute-Île. Mais dans les prochaines décennies, en plus des quatre milliers de logements supplémentaires attendus d’ici 2040, 2000 emplois pourraient voir le jour suite à la reconquête du quartier et à son développement prochain.

La destruction des anciens abattoirs et la dépollution du quartier laissent la place aux futurs projets d’aménagement. Crédit : Média Ouest France



Des promenades pour construire la porte d’entrée sur la ville

D’après l’adjoint au maire de Nantes en charge de l’urbanisme Alain Robert, « Pirmil est la plus ancienne porte d’entrée sud de Nantes, située sur la ligne de ponts historique qui forge l’identité nantaise. A l’origine, il s’agissait d’un vrai quartier avec des habitations, des commerces et des activités économiques. Avec le temps, Pirmil est devenu une place essentiellement vouée à la circulation de transit automobile qui n’a pas beaucoup de qualité malgré ses abords : station de tramway, collège, commerces, marché… L’objectif est de recréer un vrai quartier à vivre avec un parc à redécouvrir en bord de Loire ».

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